Points essentiels pour les infirmières en médecine esthétique au Québec
- La médecine esthétique constitue une prestation de soins de santé réglementée. Les obligations professionnelles des infirmières s’appliquent dans chaque clinique et dans chaque modèle d’affaires.
- Les infirmières, les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) et les infirmières auxiliaires n’ont pas des champs d’exercice ni des responsabilités d’évaluation interchangeables.
- Un traitement médico-esthétique administré par une infirmière exige généralement une ordonnance individuelle propre au patient, établie après une évaluation en personne par un prescripteur autorisé.
- Un médecin compétent doit être accessible et en mesure de se rendre auprès du patient dans un délai de 15 minutes après une injection. Les ordonnances délivrées par un dentiste sont assujetties aux exigences distinctes de présence sur place de l’ODQ.
- Une formation ne modifie pas à elle seule le champ d’exercice, ne crée pas un pouvoir de prescription et n’autorise pas une pratique indépendante.
Référence éducative destinée aux infirmières, aux infirmières praticiennes spécialisées (IPS) et aux infirmières auxiliaires du Québec. Cet article ne constitue pas un avis juridique, une interprétation officielle d’un ordre professionnel ni une autorisation d’effectuer une intervention. Confirmez toujours les exigences en vigueur directement auprès de l’OIIQ, de l’OIIAQ, de votre assureur et d’un conseiller juridique qualifié.
Incidence des lignes directrices du CMQ et de l’OIIQ sur les infirmières injectrices au Québec
Les lignes directrices du CMQ en matière de médecine esthétique établissent les principales exigences médicales concernant l’évaluation du patient, la planification individualisée du traitement, les ordonnances individuelles, la disponibilité du médecin, la prise en charge des complications et la pratique interprofessionnelle. Le cadre de l’OIIQ définit, à l’intérieur de cette structure médicale, les responsabilités de l’infirmière en matière d’évaluation, de compétence, de documentation, d’indépendance professionnelle et de déontologie. Les infirmières doivent également tenir compte des exigences de l’OIIAQ pour les infirmières auxiliaires et de celles de l’ODQ lorsqu’un traitement est ordonné par un dentiste.
Le marché de la médecine esthétique au Québec a beaucoup évolué au cours de la dernière décennie. Ce qui était autrefois offert par un nombre limité de cliniques spécialisées est maintenant plus largement accessible à Montréal, à Québec, à Sherbrooke et dans de nombreuses autres communautés. Des infirmières participent aujourd’hui à l’administration de toxine botulique A, d’agents de comblement dermique, de protocoles de plasma riche en plaquettes et de traitements de microneedling dans le cadre d’organisations professionnelles variées.
Cette croissance a également attiré l’attention des organismes responsables de la protection du public. En 2024, le CMQ et l’OIIQ ont publié un avis conjoint visant certaines dérives, notamment des médecins qui délivraient des ordonnances sans avoir évalué les patients, des infirmières qui effectuaient des injections sans encadrement adéquat et des cliniques qui n’étaient pas organisées pour prendre en charge les complications. En novembre 2025, quatre ordres professionnels, soit le CMQ, l’Ordre des dentistes du Québec (ODQ), l’OIIQ et l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ), ont annoncé un projet conjoint visant à établir des paramètres communs pour la pratique des soins médico-esthétiques. Ce cadre était attendu en 2026.
Le message destiné aux infirmières qui souhaitent bâtir une pratique sérieuse et durable en médecine esthétique est clair. L’encadrement professionnel évolue, les exigences sont examinées de plus près et les praticiennes les mieux préparées sont celles qui comprennent leurs obligations, suivent une formation appropriée, organisent leur pratique de façon conforme et maintiennent leurs connaissances à jour.
Cet article aborde le cadre professionnel et juridique applicable aux infirmières injectrices au Québec, les rôles distincts des infirmières, des IPS et des infirmières auxiliaires, les obligations cliniques applicables avant et pendant chaque rencontre, les questions non résolues concernant la prescription par les IPS et le rôle de direction médicale, les modèles de carrière et d’affaires, l’assurance responsabilité, les obligations déontologiques, les possibilités professionnelles et les effets possibles du futur cadre interordres.
La médecine esthétique est une prestation de soins de santé, une classification juridique et non une préférence
Avant d’aborder les obligations et les possibilités, il faut énoncer clairement le principe fondamental du cadre québécois : la médecine esthétique fait partie de l’exercice de la médecine.
Le CMQ définit la médecine esthétique comme tout acte technique médical non chirurgical réalisé au moyen d’un instrument, d’une substance, d’un produit injectable ou d’un appareil utilisant une forme d’énergie, principalement dans le but de modifier l’apparence d’un patient à des fins esthétiques, à l’exclusion des objectifs thérapeutiques ou reconstructifs. Cette définition englobe notamment les injections de toxine botulique A, les agents de comblement dermique à base d’acide hyaluronique, les biostimulateurs, le plasma riche en plaquettes, le microneedling, les traitements au laser, la lumière intense pulsée, la radiofréquence, l’échographie et les peelings chimiques de grade médical.
Le fait que ces services soient parfois offerts dans des lieux dont l’apparence rappelle celle d’un spa, que les patients paient directement les traitements, que le langage publicitaire emprunte à l’industrie de la beauté ou que les soins ne soient pas couverts par le régime public d’assurance maladie ne modifie pas leur nature juridique. Il s’agit d’actes médicaux. Lorsqu’une infirmière injecte le visage d’un patient, elle participe à un acte médical dans le cadre d’une ordonnance individuelle. Les risques cliniques sont réels et les obligations professionnelles sont importantes.
Cette classification détermine tout le cadre présenté dans cet article. Les infirmières qui se considèrent comme des professionnelles de la santé effectuant des actes médicaux, et non comme des esthéticiennes offrant un service de beauté haut de gamme, sont mieux préparées à pratiquer de façon sécuritaire et à bâtir une carrière qui résiste à l’examen des organismes de réglementation.

Fonctionnement du cadre professionnel québécois : les quatre ordres et leurs responsabilités
Le Québec encadre les professionnels de la santé au moyen d’ordres professionnels qui exercent chacun une autorité précise sur leurs membres. En médecine esthétique, quatre ordres influencent directement la pratique infirmière.
Le Collège des médecins du Québec (CMQ) encadre les médecins et établit les conditions selon lesquelles la médecine esthétique est pratiquée. Même s’il ne réglemente pas directement les infirmières, ses règles déterminent plusieurs conditions dans lesquelles une infirmière peut agir, puisque l’autorité permettant d’administrer des injections esthétiques découle habituellement d’une ordonnance individuelle délivrée par un médecin. Le Guide d’exercice, La médecine esthétique publié en 2020, les précisions apportées en novembre 2023 et l’avis conjoint CMQ-OIIQ de mai 2024 constituent des sources importantes du cadre applicable.
L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) encadre les infirmières. Il définit le champ d’exercice, les normes de compétence, les obligations déontologiques et les conditions dans lesquelles les infirmières peuvent accomplir leurs activités réservées en médecine esthétique. L’OIIQ a publié des indications sur cette pratique, participé à l’avis conjoint avec le CMQ et continue de suivre l’évolution du secteur.
L’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ) encadre les infirmières auxiliaires. Leur champ d’exercice est plus restreint et comporte des limites précises qui influencent leur participation aux soins médico-esthétiques.
L’Ordre des dentistes du Québec (ODQ) n’encadre pas directement les infirmières. Son guide de mars 2025 sur la toxine botulique A et les agents de comblement a toutefois créé une nouvelle voie de collaboration permettant à certains dentistes formés selon le parcours de l’ODQ de délivrer des ordonnances à des infirmières pour des traitements injectables compris dans leur champ autorisé.
Le projet interordres annoncé en novembre 2025 reflète la nature véritablement interprofessionnelle de la médecine esthétique moderne. Médecins, dentistes, infirmières, IPS et infirmières auxiliaires peuvent intervenir dans un même modèle clinique. Des paramètres communs devraient clarifier les rôles et les responsabilités de chaque professionnel.

Chronologie réglementaire : comment le Québec en est arrivé au cadre actuel
Comprendre l’évolution réglementaire de la médecine esthétique aide les infirmières à saisir les raisons du cadre actuel et la direction probable des prochaines modifications.
2016 : le CMQ a confié à un groupe de travail l’analyse de la médecine esthétique. Le rapport a relevé des risques importants et formulé sept recommandations. L’une des principales recommandations exigeait que chaque patient souhaitant recevoir des injections esthétiques soit d’abord évalué individuellement par un médecin, qui établit ensuite un plan de traitement personnalisé. Les soins pouvaient être administrés par le médecin ou faire l’objet d’une ordonnance individuelle destinée à une infirmière ou à une infirmière auxiliaire.
Mai 2017 : le nouveau cadre est entré en vigueur. Les ordonnances collectives autorisant les injections à des fins esthétiques ont été interdites. L’ordonnance individuelle propre au patient est devenue la règle.
Août 2020 : le CMQ a publié un guide d’exercice détaillé sur la médecine esthétique. Le document traite notamment de la formation des médecins, de l’évaluation du patient, des ordonnances individuelles, de la prescription, de la disponibilité médicale dans un délai de 15 minutes, de la tenue des dossiers, de la publicité et de la collaboration interprofessionnelle. Ce guide demeure une référence importante pour la pratique médicale et pour le modèle dans lequel les infirmières interviennent.
Novembre 2023 : le CMQ a publié des précisions sur les observations et les responsabilités en médecine esthétique, notamment au sujet de la disponibilité du médecin dans un délai de 15 minutes et du corridor de services.
Mai 2024 : le CMQ et l’OIIQ ont publié un avis conjoint concernant des dérives rapportées à la suite d’une enquête de Radio-Canada. Les exemples comprenaient des médecins qui n’avaient jamais évalué les patients avant de délivrer une ordonnance, des cliniques mal préparées à gérer les complications et des infirmières qui effectuaient des injections sans encadrement adéquat. Les deux ordres ont rappelé que ces pratiques comportent des risques significatifs pour la patientèle.
Mars 2025 : l’ODQ a publié son guide sur la toxine botulique A et les agents de comblement pour les dentistes. Ce guide a créé un parcours permettant à certains dentistes de prescrire les traitements compris dans leur niveau de formation et de délivrer des ordonnances individuelles à des infirmières.
Juin 2025 : la publication d’un rapport du coroner concernant le décès d’une patiente après une chirurgie esthétique sous sédation dans une clinique privée a renouvelé l’attention accordée aux normes de sécurité dans le secteur privé.
Novembre 2025 : le CMQ, l’ODQ, l’OIIQ et l’OIIAQ ont annoncé une initiative commune visant à établir des paramètres partagés pour les soins médico-esthétiques. Les travaux devaient se conclure en 2026. En date de juillet 2026, le cadre commun n’avait pas encore été publié.
Infirmières, IPS et infirmières auxiliaires : pourquoi les distinctions sont importantes
La profession infirmière au Québec comprend les infirmières, les infirmières praticiennes spécialisées qui détiennent un certificat de spécialiste dans une classe reconnue et les infirmières auxiliaires encadrées par un ordre distinct. Leurs champs d’exercice ne sont pas interchangeables. Les différences touchent l’évaluation, le diagnostic, la prescription, la planification du traitement, l’administration des substances prescrites, l’indépendance professionnelle et les modèles de pratique accessibles en médecine esthétique.
Infirmières, OIIQ
Les infirmières sont encadrées par l’OIIQ conformément à la Loi sur les infirmières et les infirmiers (RLRQ, c. I-8). Leur champ d’exercice comprend notamment :
- l’évaluation de l’état de santé d’une personne;
- la détermination et la réalisation du plan de soins et de traitements infirmiers;
- la prestation de soins et de traitements infirmiers et médicaux dans le but de maintenir ou de rétablir la santé et de prévenir la maladie;
- l’administration et l’ajustement de médicaments ou d’autres substances lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance;
- l’initiation de certaines mesures diagnostiques et thérapeutiques selon une ordonnance.
L’article 36 de la Loi prévoit plusieurs activités réservées, dont l’évaluation de la condition physique d’une personne symptomatique, l’initiation de mesures diagnostiques et thérapeutiques selon une ordonnance et l’ajustement de médicaments lorsqu’une ordonnance l’autorise.
En médecine esthétique, cela signifie qu’une infirmière :
- peut administrer des traitements injectables, notamment la toxine botulique A, les agents de comblement dermique, certains biostimulateurs et le PRP, lorsqu’une ordonnance individuelle valide et le cadre professionnel applicable le permettent;
- doit effectuer une évaluation infirmière avant chaque séance;
- peut ajuster un plan de traitement uniquement dans les limites d’un protocole d’ajustement explicite intégré à l’ordonnance;
- possède l’autorité clinique et professionnelle nécessaire pour déterminer si le patient peut recevoir les soins prescrits de façon sécuritaire le jour du traitement.
Infirmières praticiennes spécialisées, IPS
Une IPS est une infirmière qui détient également un certificat de spécialiste dans une classe d’IPS reconnue par règlement au Québec. Son rôle comprend une pratique infirmière avancée et l’exercice de certaines activités médicales, selon les conditions, modalités, compétences, classes de spécialité et règlements applicables.
L’article 36.1 de la Loi sur les infirmières et les infirmiers prévoit qu’une IPS peut, lorsque la réglementation et sa classe de spécialité l’autorisent, diagnostiquer des maladies, prescrire des examens diagnostiques, utiliser certaines techniques diagnostiques invasives ou comportant des risques, déterminer des traitements médicaux, prescrire des médicaments et d’autres substances, prescrire des traitements médicaux et utiliser des techniques ou des traitements médicaux invasifs ou présentant des risques.
Ces activités sont plus larges que celles d’une infirmière qui n’est pas IPS. Toutefois, une autorité générale de diagnostic et de prescription ne règle pas automatiquement toutes les questions de champ d’exercice dans chaque secteur clinique. L’IPS doit toujours agir dans les limites de sa classe de spécialité, des règlements applicables, de sa compétence individuelle, des normes professionnelles, de sa couverture d’assurance et de tout cadre sectoriel applicable.
La médecine esthétique exige une analyse distincte et prudente. En date de juillet 2026, aucun énoncé public précis de l’OIIQ recensé dans les sources officielles ne confirmait qu’une IPS pouvait, de façon indépendante, évaluer un patient à des fins esthétiques, prescrire de la toxine botulique A ou des agents de comblement pour une indication esthétique, se délivrer une ordonnance à elle-même ou à une autre infirmière et exploiter une pratique sans suivre la voie médicale ou dentaire décrite dans cet article.
L’application exacte de l’autorité de diagnostic et de prescription d’une IPS à la prescription indépendante en médecine esthétique, à l’auto-ordonnance et au rôle souvent appelé direction médicale demeure non résolue. Tant que l’OIIQ n’a pas publié une position propre à la médecine esthétique ou fourni une confirmation écrite, il ne faut pas affirmer qu’une formation confère à une IPS un pouvoir indépendant de prescription ou de direction médicale.
Jusqu’à ce qu’une position claire soit publiée ou qu’une confirmation écrite soit obtenue pour la situation précise de la praticienne, l’IPS ne devrait pas présumer que son pouvoir général de prescription autorise une prescription esthétique indépendante, une auto-autorisation ou une fonction autonome de direction médicale. Elle devrait suivre le parcours propre au patient décrit dans cet article, incluant une ordonnance individuelle délivrée par un médecin autorisé ou, lorsque le cadre de l’ODQ s’applique, par un dentiste ayant complété le niveau de formation requis.
Cette interprétation n’efface pas les compétences avancées de l’IPS. Elle continue d’exercer son jugement professionnel, d’évaluer le patient dans les limites de son rôle, de reconnaître les contre-indications, de refuser des soins non sécuritaires, de documenter adéquatement et de pratiquer selon sa compétence. La question non résolue concerne sa capacité à remplacer le médecin ou le dentiste comme prescripteur indépendant et autorité médicale responsable en médecine esthétique.
Une IPS qui envisage une formation ou un modèle d’affaires en médecine esthétique devrait obtenir une clarification écrite avant de s’y fier. Elle devrait communiquer avec l’OIIQ et demander que sa demande soit transmise au service responsable du développement et du soutien professionnel. Une réponse téléphonique informelle, l’assurance d’un fournisseur de formation ou l’interprétation d’un autre professionnel ne devrait pas servir de fondement à une décision de pratique.
L’IPS devrait demander à l’OIIQ de répondre par écrit aux questions suivantes :
- Ma classe de spécialité IPS m’autorise-t-elle à déterminer et à prescrire le traitement esthétique précis que je souhaite offrir?
- Puis-je prescrire le produit injectable esthétique et l’administrer moi-même au même patient?
- Puis-je délivrer une ordonnance à une autre infirmière pour ce traitement?
- Le cadre actuel des soins médico-esthétiques exige-t-il encore l’intervention d’un médecin ou d’un dentiste pour ce traitement?
- Une IPS peut-elle agir comme autorité médicale responsable ou directrice médicale de la clinique et, dans l’affirmative, à quelles conditions?
- Quelles exigences s’appliquent à la disponibilité sur place, à la couverture d’urgence, au corridor de services, à la documentation et au suivi?
- Ma couverture d’assurance responsabilité professionnelle comprend-elle expressément les activités proposées de prescription, d’injection et de gouvernance clinique?
La formation ne règle pas ces questions. Aucun cours, y compris une formation offerte par l’Académie AMEQ, ne peut élargir le champ d’exercice légal d’une IPS, créer un pouvoir de prescription qui n’a pas été confirmé ou garantir le droit d’exercer de façon indépendante. L’IPS doit confirmer la position réglementaire, les exigences de compétence et la couverture d’assurance avant de traiter des patients ou de bâtir un modèle clinique fondé sur une prescription indépendante.
Infirmières auxiliaires, OIIAQ
Les infirmières auxiliaires sont encadrées par l’OIIAQ conformément au Code des professions (RLRQ, c. C-26). Leur champ d’exercice consiste notamment à contribuer à l’évaluation de l’état de santé d’une personne et à la réalisation du plan de soins, à prodiguer des soins et des traitements infirmiers et médicaux dans le but de maintenir ou de rétablir la santé, à prévenir la maladie et à fournir des soins palliatifs.
L’article 37.1, paragraphe 5, sous-paragraphe f du Code des professions prévoit qu’une infirmière auxiliaire peut administrer, par des voies autres que la voie intraveineuse, des médicaments ou d’autres substances lorsqu’ils font l’objet d’une ordonnance individuelle.
La limite fondamentale est la suivante : l’infirmière auxiliaire contribue à l’évaluation, mais elle n’évalue pas de façon autonome l’état de santé de la personne. Cette distinction n’est pas une formalité. Elle constitue une limite centrale de son champ d’exercice.
Une infirmière auxiliaire peut administrer des traitements injectables admissibles sous une ordonnance individuelle valide. Puisqu’elle contribue à l’évaluation plutôt que d’évaluer de façon indépendante l’état de santé du patient, un professionnel autorisé doit effectuer l’évaluation requise et établir le plan de traitement. Une évaluation est nécessaire avant chaque séance, le traitement doit avoir lieu dans un environnement approprié à la technique et un médecin doit être accessible et disponible pour prendre en charge une réaction indésirable.
Cette distinction influence les modèles de pratique accessibles aux infirmières auxiliaires. Une infirmière auxiliaire ne peut pas remplacer de façon autonome le professionnel responsable de l’évaluation, du diagnostic, de la prescription ou de l’établissement du plan de traitement. Elle demeure individuellement responsable de vérifier l’ordonnance, de pratiquer selon sa compétence, de surveiller le patient, de documenter les soins et de signaler toute préoccupation.
Il ne s’agit pas d’un jugement sur les capacités cliniques des infirmières auxiliaires. Cette limite découle de la définition juridique de leur champ d’exercice et de l’obligation de collaboration interprofessionnelle en médecine esthétique.

L’ordonnance individuelle : la pierre angulaire de la pratique de l’infirmière injectrice
Il s’agit de l’un des concepts les plus importants de cet article. Au Québec, une infirmière ne peut pas administrer légalement des injections esthétiques sans une ordonnance individuelle valide délivrée par un prescripteur autorisé qui a d’abord effectué l’évaluation requise du patient en personne.
Pourquoi les ordonnances collectives sont-elles interdites?
Une ordonnance collective est une ordonnance permanente qui permet à une infirmière ou à un groupe d’infirmières d’effectuer un traitement défini auprès de patients qui répondent à des critères généraux. Elle est appropriée dans plusieurs contextes, notamment pour certaines vaccinations ou certains protocoles d’urgence, lorsque la situation clinique est clairement définie et standardisée.
Elle n’est pas appropriée en médecine esthétique et les ordonnances collectives autorisant les injections à des fins esthétiques sont interdites depuis mai 2017. La médecine esthétique exige une évaluation individualisée, un diagnostic et un plan de traitement propre à chaque patient. Aucun patient ne présente exactement la même anatomie, les mêmes antécédents médicaux, les mêmes contre-indications ou les mêmes objectifs.
L’avis conjoint CMQ-OIIQ de mai 2024 rappelle clairement que les ordonnances collectives autorisant les infirmières à réaliser des injections à des fins esthétiques ne sont plus autorisées. Il ne s’agit pas d’une simple recommandation. Toute organisation où les patients ne sont pas évalués individuellement avant les séances ou où un protocole général remplace l’ordonnance propre au patient présente un problème de conformité important.
Que doit contenir une ordonnance individuelle valide?
Selon le Règlement sur les normes relatives aux ordonnances faites par un médecin (RLRQ, c. M-9, r. 25.1), une ordonnance individuelle valide doit comprendre notamment :
- le nom du médecin prescripteur en caractères d’imprimerie, son numéro de permis et ses coordonnées, y compris son numéro de téléphone;
- les renseignements permettant d’identifier le patient, au minimum son nom et sa date de naissance;
- la date de rédaction de l’ordonnance et sa période de validité;
- les sites d’injection précis ainsi que le nom du produit et la quantité prévue pour chaque site;
- la fréquence du traitement et sa durée totale, le cas échéant;
- les contre-indications pertinentes et les conditions qui exigent l’arrêt du traitement;
- le nom de l’infirmière ou du groupe d’infirmières autorisé à exécuter l’ordonnance;
- les renseignements nécessaires au suivi et à la gestion des complications, notamment les coordonnées du prescripteur et les détails du corridor de services.
Lorsqu’une ordonnance permet à l’infirmière d’initier ou d’ajuster le traitement plutôt que d’exécuter uniquement un plan fixe, elle doit aussi inclure un protocole d’ajustement explicite, les circonstances dans lesquelles le plan peut être modifié, les paramètres autorisés et les situations nécessitant un retour vers le médecin prescripteur.
Une ordonnance conforme n’est pas un formulaire sommaire. Il s’agit d’un document clinique qui décrit le traitement destiné à ce patient, à cette date et dans ces conditions précises. Le prescripteur doit avoir effectué l’évaluation requise avant de la délivrer.
Ordonnances délivrées par des dentistes
Depuis mars 2025, des dentistes du Québec qui ont complété le parcours progressif défini par l’ODQ peuvent délivrer des ordonnances individuelles à des infirmières pour les traitements à la toxine botulique A et aux agents de comblement compris dans leur champ autorisé. L’ordonnance doit être valide et propre au patient, le dentiste doit avoir évalué le patient et doit respecter les exigences de présence physique sur les lieux prévues par son ordre. Les obligations d’évaluation de l’infirmière avant la séance demeurent applicables.
Une infirmière qui collabore avec un dentiste doit comprendre les niveaux de formation et les limites définis par l’ODQ. Elle ne peut pas exécuter une ordonnance portant sur un acte qui excède le niveau de formation ou le champ autorisé du dentiste.
Lire et vérifier l’ordonnance avant d’agir
L’infirmière a l’obligation professionnelle de vérifier l’ordonnance avant de commencer le traitement. Elle n’est pas une technicienne qui exécute des directives sans jugement clinique. Avant chaque séance, elle doit notamment confirmer :
- que l’ordonnance est signée et datée par un prescripteur autorisé;
- que le numéro de permis du prescripteur est indiqué et peut être vérifié auprès du CMQ ou de l’ODQ;
- que l’ordonnance vise précisément le patient qui sera traité;
- que les sites d’injection et les doses à administrer sont précisés;
- que les coordonnées du prescripteur figurent sur l’ordonnance;
- qu’elle est désignée comme professionnelle autorisée à exécuter l’ordonnance;
- que l’ordonnance est toujours valide;
- que le traitement se situe dans les limites de sa formation et de sa compétence.
Si l’ordonnance est incomplète, si le prescripteur ne peut pas être identifié ou si les paramètres sont vagues ou absents, l’infirmière ne devrait pas procéder. Elle a la responsabilité de refuser d’exécuter une ordonnance qu’elle ne peut pas appliquer de façon sécuritaire.
Le droit et l’obligation de refuser
L’OIIQ et l’OIIAQ reconnaissent le droit et l’obligation d’une infirmière de refuser un acte qu’elle considère non sécuritaire, incomplet ou hors de sa compétence. Si les conditions de pratique sécuritaire ne sont pas réunies, si le médecin responsable ne peut pas être présent dans le délai requis, si les fournitures d’urgence sont absentes, si l’ordonnance est incomplète ou si l’infirmière n’a pas reçu la formation nécessaire, refuser de traiter constitue la décision professionnelle appropriée.
Il ne s’agit pas simplement d’un droit administratif. La responsabilité professionnelle est individuelle. Une infirmière qui procède malgré des conditions non sécuritaires ne peut pas transférer sa responsabilité au propriétaire de la clinique ou au prescripteur.

Parcours complet du patient : ce qui doit se produire avant l’injection
Une séance conforme ne commence pas lorsque le patient s’assoit dans le fauteuil de traitement. Elle commence bien avant, avec l’évaluation du patient par un prescripteur autorisé. Il est essentiel de comprendre le parcours complet, du premier contact jusqu’au suivi après le traitement.
Étape 1 : évaluation médicale en personne
La première étape du parcours d’un patient qui souhaite recevoir un traitement esthétique au Québec doit être une véritable évaluation en personne par un médecin ou, pour les traitements à la toxine botulique A et aux agents de comblement compris dans le champ de l’ODQ, par un dentiste ayant complété le niveau de formation requis.
L’examen de photographies, une consultation vidéo, une conversation téléphonique ou la lecture d’un questionnaire rempli par le patient ne remplace pas l’évaluation clinique requise. Le guide du CMQ précise que le médecin doit évaluer le patient en personne et qu’une évaluation à distance ne répond pas aux exigences d’une pratique adéquate et sécuritaire pour ce type d’exercice.
Cette exigence a été l’une des sources de non-conformité signalées dans le secteur. L’avis conjoint CMQ-OIIQ de mai 2024 mentionnait expressément des médecins qui n’avaient jamais évalué les patients avant de leur délivrer une ordonnance d’injections.
L’évaluation doit comprendre un examen clinique, la révision des antécédents médicaux pertinents et des contre-indications, une discussion des objectifs et des attentes, l’analyse de la pertinence du traitement proposé ainsi que l’établissement d’un diagnostic et d’un plan de traitement.
Étape 2 : diagnostic et plan de traitement individualisé
Après l’évaluation, le prescripteur doit établir un diagnostic et élaborer un plan de traitement propre au patient. En médecine esthétique, le diagnostic correspond généralement à l’évaluation clinique de la condition du patient, de sa présentation anatomique, de ses antécédents, des contre-indications pertinentes et de l’indication esthétique ou thérapeutique du traitement.
Le plan doit préciser les sites d’injection, les produits à utiliser, les doses, la fréquence et toute considération particulière. Pour un traitement à la toxine botulique A, il devrait indiquer les muscles visés, les unités prévues à chaque point et le nombre total d’unités. Pour un agent de comblement, il devrait préciser les régions anatomiques, le type de produit, les volumes et la technique prévue.
Ce niveau de précision est essentiel puisque l’infirmière qui exécute le traitement est liée par les paramètres de l’ordonnance. Un plan vague augmente le risque clinique et l’exposition professionnelle du prescripteur comme de l’infirmière.
Étape 3 : consentement libre et éclairé donné par écrit
Avant tout traitement, le patient doit donner un consentement libre et éclairé par écrit. En médecine esthétique, le processus doit être particulièrement complet puisque les interventions sont électives et ne sont généralement pas requises par l’état de santé. Selon le Code civil du Québec, lorsqu’un soin n’est pas requis par l’état de santé, le patient doit être informé des risques possibles, même rares, et le consentement doit être donné par écrit.
Le consentement devrait couvrir la nature du traitement proposé, les produits précis qui seront utilisés, les risques connus, les effets indésirables possibles, y compris ceux qui sont rares ou graves, la probabilité et la durée des effets, les solutions de rechange, les conséquences d’une absence de traitement et les obligations de suivi.
Le consentement doit être obtenu par le médecin et ne peut pas être délégué au personnel de la clinique ni à l’infirmière. Il s’agit d’une obligation qui ne peut pas être déléguée. Un formulaire d’admission rempli sans la présence et l’intervention du médecin ne constitue pas, à lui seul, un consentement éclairé valide.
Étape 4 : ordonnance individuelle
Après l’évaluation, le diagnostic, le plan de traitement et le consentement, le prescripteur délivre l’ordonnance individuelle qui autorise l’infirmière nommée à administrer le traitement prévu. Cette ordonnance constitue l’autorité clinique et juridique permettant à l’infirmière d’agir.
Étape 5 : évaluation infirmière avant la séance
Avant chaque séance, une infirmière doit évaluer le patient afin de confirmer qu’aucune contre-indication ne l’empêche de recevoir les soins prescrits ce jour-là. Il s’agit d’une obligation clinique distincte qui appartient à l’infirmière.
L’évaluation avant la séance comprend habituellement la confirmation de l’identité du patient, la révision de l’ordonnance, la vérification de tout changement dans son état de santé depuis l’évaluation du prescripteur, la recherche de contre-indications propres au traitement et la confirmation du consentement continu.
Si l’évaluation révèle un changement qui crée une contre-indication ou soulève un doute sur la sécurité, l’infirmière ne doit pas administrer le traitement. Elle doit orienter le patient vers le prescripteur pour une réévaluation. Elle ne peut pas modifier de façon indépendante un traitement devenu inadéquat depuis l’évaluation initiale, sauf dans les limites précises d’un protocole d’ajustement intégré à l’ordonnance.
Cette évaluation est une responsabilité professionnelle propre à l’infirmière. Elle exige du jugement clinique, une connaissance de l’anatomie, la capacité de reconnaître les contre-indications et une compréhension des risques liés au produit et à la technique.
Pour les infirmières auxiliaires, le médecin doit effectuer cette évaluation avant la séance, et non l’infirmière auxiliaire. Celle-ci peut contribuer à la surveillance, notamment en observant et en signalant au médecin tout changement après l’injection, mais elle ne peut pas évaluer de façon indépendante l’état de santé du patient.
Étape 6 : exécution du traitement selon les paramètres de l’ordonnance
L’infirmière administre le traitement selon l’ordonnance individuelle. Elle ne peut pas décider de traiter un site supplémentaire, d’utiliser un autre produit, de modifier la dose prévue ou de changer la technique, sauf si un protocole d’ajustement explicite autorise précisément cette modification.
Si elle constate pendant la séance qu’une modification pourrait être pertinente, elle doit documenter son observation et communiquer avec le prescripteur afin que celui-ci réévalue le plan ou modifie l’ordonnance. Elle ne doit pas agir de façon indépendante hors des paramètres autorisés.
L’exécution du traitement n’est pas un acte purement technique. Elle exige une connaissance clinique, une technique aseptique, une compréhension détaillée de l’anatomie, une observation attentive de la réaction du patient et le jugement nécessaire pour interrompre le traitement et demander de l’aide lorsqu’un problème survient.
Étape 7 : documentation après le traitement
L’infirmière doit documenter le traitement dans le dossier clinique. La note devrait comprendre la date et l’heure de la séance, les produits, les volumes, les doses et les sites traités, l’état du patient avant et après le soin, toute observation inhabituelle, tout événement indésirable, toute communication avec le prescripteur ainsi que le nom et la signature de l’infirmière.
La documentation constitue une obligation professionnelle et juridique. Elle permet la continuité des soins, protège le patient, soutient le suivi du prescripteur et fournit une preuve importante en cas de plainte ou d’enquête.
L’infirmière et le prescripteur ont tous deux des responsabilités de suivi lorsqu’une complication survient.

Disponibilité du médecin dans un délai de 15 minutes : conséquences pour le modèle de pratique
L’une des exigences les plus importantes et les plus souvent mal comprises du cadre québécois concerne l’accès à un médecin après une injection.
Le CMQ indique que le médecin qui a délivré l’ordonnance ou un autre médecin responsable de la clinique doit être accessible et disponible pour se rendre auprès du patient dans un délai de 15 minutes suivant une injection. Le médecin doit posséder les compétences nécessaires pour évaluer et prendre en charge une complication et administrer le traitement urgent requis, y compris un antidote lorsqu’il est indiqué.
Cette exigence ne signifie pas nécessairement que le médecin doit déjà se trouver dans la salle de traitement ou dans l’immeuble avant chaque injection ordonnée par un médecin. Elle signifie que l’organisation de la clinique doit permettre de façon réaliste au médecin responsable d’atteindre le patient et d’être auprès de lui dans le délai exigé. Une disponibilité uniquement téléphonique ou par vidéo n’est pas suffisante si le médecin ne peut pas se présenter physiquement dans ce délai.
La justification est clinique. Certaines complications, notamment l’occlusion vasculaire après l’injection d’un agent de comblement, exigent une évaluation et une intervention rapides. Les médicaments et fournitures urgentes doivent être disponibles et la clinique doit maintenir un corridor de services fonctionnel lorsque la situation exige une prise en charge supplémentaire.
Cette exigence a des conséquences directes pour les infirmières injectrices :
- avant une séance, confirmer quel médecin compétent est responsable et comment il pourra se rendre auprès du patient dans un délai de 15 minutes si nécessaire;
- confirmer que les fournitures urgentes, y compris la hyaluronidase lorsqu’un agent de comblement est administré, sont immédiatement accessibles et non périmées;
- confirmer que la trousse d’urgence et le défibrillateur sont présents, fonctionnels et adaptés aux services offerts;
- confirmer qu’un corridor de services documenté et fonctionnel ainsi qu’un processus de transfert peuvent être activés si la complication excède les capacités du médecin responsable.
Si ces conditions ne sont pas réunies, l’infirmière a le droit et l’obligation professionnelle de refuser de commencer le traitement.
La règle des 15 minutes influence également les modèles d’affaires. Une affiliation nominale avec un médecin à distance ne suffit pas lorsque celui-ci ne peut pas se présenter physiquement dans le délai requis. Lorsqu’une ordonnance est délivrée par un dentiste selon le cadre de l’ODQ, les exigences distinctes de présence sur place du dentiste doivent aussi être respectées.

Préparation aux urgences : obligations lorsqu’une complication survient
Les complications associées aux traitements injectables sont peu fréquentes, mais elles sont réelles. Une occlusion vasculaire causée par un agent de comblement peut entraîner une nécrose tissulaire. Une réaction anaphylactique peut survenir avec un produit injectable. Des hématomes, des infections, des atteintes nerveuses et d’autres événements indésirables sont également possibles.
Une infirmière qui pratique des injections esthétiques doit être formée, préparée et équipée pour réagir de façon appropriée. Ses obligations comprennent notamment :
Interrompre immédiatement le traitement lorsqu’un signe de complication ou une réaction indésirable est observé.
Déclencher la réponse appropriée. En présence d’une occlusion vasculaire possible, l’infirmière doit alerter immédiatement le médecin et veiller à ce que l’évaluation et le traitement requis soient entrepris sans délai. En cas d’anaphylaxie, elle doit appliquer le protocole d’urgence et communiquer avec les services préhospitaliers lorsque la situation l’exige.
Informer immédiatement le médecin de toute observation inhabituelle pendant ou après la séance.
Documenter l’événement en détail dans le dossier du patient, y compris les signes observés, l’heure, les interventions effectuées, les communications, l’évolution et les consignes de suivi.
Assurer le suivi du patient. Les responsabilités professionnelles ne prennent pas fin lorsque le patient quitte la clinique.
Maintenir l’accès à des soins appropriés et veiller à ce que le corridor de services soit activé lorsque la complication exige une expertise ou un niveau de soins supérieur.
La reconnaissance et la prise en charge des complications ne sont pas de simples éléments théoriques. Il s’agit de compétences cliniques que l’infirmière doit acquérir avant de commencer à pratiquer et maintenir par la formation continue.
Obligations déontologiques : exigences du Code de déontologie de l’OIIQ
En plus des règles propres à la médecine esthétique, les infirmières du Québec sont liées par le Code de déontologie des infirmières et infirmiers (RLRQ, c. I-8, r. 9). Plusieurs dispositions sont particulièrement pertinentes.
Compétence, article 18 : l’infirmière doit exercer selon les normes de pratique généralement reconnues et les principes scientifiques applicables. Elle doit maintenir ses compétences à jour et les développer de façon continue. Elle ne devrait pas offrir des services qui dépassent sa formation ou sa compétence et doit obtenir une formation supplémentaire avant d’élargir ses activités.
Négligence dans l’administration de médicaments, article 45 : l’infirmière ne doit pas faire preuve de négligence lorsqu’elle administre, ajuste ou initie des médicaments ou d’autres substances. Cette obligation, combinée aux normes de pratique sécuritaire en matière de médicaments, établit un niveau élevé d’exigence pour la manipulation et l’administration des produits injectables.
Indépendance professionnelle, article 19 : l’infirmière doit préserver son indépendance. Les pressions financières, les directives de gestion, les objectifs de vente ou les incitatifs commerciaux ne doivent pas remplacer son jugement clinique. Cette obligation est particulièrement importante lorsque des infirmières sont poussées à raccourcir les évaluations, à traiter rapidement ou à ignorer des conditions non sécuritaires.
Publicité, articles 31 à 34 : le Code interdit les représentations trompeuses, les comparaisons fausses et la sollicitation insistante ou inappropriée. Les photographies avant et après ne doivent pas être présentées comme des garanties. Les résultats individuels doivent être contextualisés et les attentes du public ne doivent pas être déformées.
Commissions et avantages matériels : l’infirmière doit examiner avec prudence toute rémunération liée au volume clinique, tout pourcentage par injection ou toute autre formule susceptible d’influencer la décision de traiter. Un arrangement financier ne doit jamais compromettre l’indépendance professionnelle ni le bien-être du patient.
Assurance : ce qui est couvert et ce qui doit être vérifié
L’assurance responsabilité professionnelle est une exigence incontournable pour une infirmière qui pratique au Québec. Avant de commencer en médecine esthétique, elle doit confirmer précisément quelles activités professionnelles et commerciales sont couvertes.
Les infirmières inscrites au programme collectif de responsabilité professionnelle de l’OIIQ bénéficient de la couverture associée à leur inscription annuelle. Les limites, exclusions, avenants et conditions en vigueur doivent être confirmés directement auprès de l’OIIQ ou de l’assureur plutôt que reproduits à partir d’un ancien document de police.
À la suite de changements liés aux réformes législatives québécoises de 2024, l’OIIQ a indiqué que son programme peut également couvrir une organisation pour les fautes professionnelles commises par une personne assurée qui exerce au sein de cette organisation. Cette protection de responsabilité professionnelle ne constitue toutefois pas une assurance commerciale complète.
Une couverture distincte peut demeurer nécessaire pour la responsabilité civile générale, les locaux, les risques liés à la cybersécurité et à la protection des renseignements personnels, les employés, l’équipement et d’autres risques commerciaux non professionnels. Les infirmières auxiliaires doivent confirmer les modalités actuelles applicables auprès de l’OIIAQ et de l’assureur.
Avant d’exercer comme employée, travailleuse autonome, propriétaire ou copropriétaire, l’infirmière devrait obtenir une confirmation écrite que les services proposés, le modèle de prescription et de collaboration, l’entité clinique et les lieux de traitement sont couverts.
Publicité et médias sociaux : des règles souvent sous-estimées
Les médias sociaux sont devenus un canal important pour les cliniques de médecine esthétique et les infirmières injectrices. Les obligations déontologiques s’appliquent à toutes les communications professionnelles, y compris Instagram, Facebook, TikTok, LinkedIn, les sites Web et les courriels promotionnels.
Toutes les affirmations cliniques doivent être exactes et vérifiables. Des déclarations comme « élimine les rides », « résultat garanti » ou « sans risque » créent des attentes trompeuses et devraient être évitées.
Les photographies avant et après doivent être utilisées avec prudence. Elles peuvent illustrer la nature d’un traitement, mais ne doivent pas être présentées comme des résultats typiques ou garantis. Le contexte, le consentement propre à l’utilisation et l’identification honnête de la personne qui a réalisé le traitement sont essentiels.
Les témoignages ne doivent pas induire le public en erreur. Un témoignage qui crée des attentes irréalistes ou qui est utilisé pour exercer une pression commerciale peut contrevenir aux obligations professionnelles.
Il ne faut pas revendiquer des titres ou des certifications inexistants. Une infirmière ne devrait pas se présenter comme « spécialiste en médecine esthétique », « injectrice certifiée par l’OIIQ » ou utiliser un autre titre qui laisse croire à une spécialité ou à une approbation officielle inexistante.
L’utilisation des noms commerciaux de médicaments exige de la prudence. Les règles professionnelles et publicitaires peuvent limiter l’utilisation promotionnelle de marques pharmaceutiques. Les communications devraient privilégier les termes médicaux génériques et être vérifiées selon les directives en vigueur.
Les photographies de patients sont des renseignements personnels sensibles. Toute photographie exige un consentement écrit qui précise chaque usage. Un consentement à des fins de dossier clinique n’autorise pas automatiquement une utilisation sur les réseaux sociaux, dans une publicité, lors d’une formation ou dans une présentation.
L’OIIQ publie périodiquement des chroniques déontologiques et des ressources sur la pratique privée et les soins médico-esthétiques. Les infirmières devraient les consulter régulièrement.
Modèles de carrière pour les infirmières injectrices au Québec : options, conditions et considérations
L’une des questions les plus importantes pour une infirmière qui entre en médecine esthétique concerne la structure de son activité professionnelle. Plusieurs modèles sont possibles et chacun comporte des avantages, des limites et des exigences de conformité distincts.
Travailler comme employée dans la clinique d’un médecin
Dans ce modèle, l’infirmière travaille comme salariée dans une clinique où un médecin agit comme prescripteur et assume une partie importante de l’organisation médicale. Le médecin évalue les patients, établit les plans, délivre les ordonnances et respecte les exigences de disponibilité. L’infirmière exécute les soins, effectue ses évaluations avant les séances, documente et signale les complications.
Ce modèle facilite habituellement la mise en place du cadre clinique, la disponibilité médicale, l’accès aux installations et la coordination des urgences. Il peut également inclure des protections et des ressources fournies par l’employeur.
La limite principale concerne l’autonomie organisationnelle et la rémunération, qui sont déterminées par la relation d’emploi et le modèle d’affaires de la clinique.
Travailler comme travailleuse autonome ou contractuelle
De nombreuses infirmières offrent leurs services à des cliniques, des bureaux médicaux ou d’autres organisations dans le cadre d’un contrat plutôt que comme employées. Cette distinction comporte des conséquences professionnelles, fiscales et juridiques.
Une travailleuse autonome demeure responsable de ses propres obligations. Elle ne peut pas présumer que la clinique a vérifié chaque condition. Avant une séance, elle doit confirmer la validité de l’ordonnance, le modèle de disponibilité médicale, la préparation aux urgences, les installations, la documentation et la couverture d’assurance.
Le statut contractuel doit aussi être réel. Les tribunaux et les autorités fiscales examinent la substance de la relation, et non seulement le titre inscrit au contrat. Une personne qui travaille exclusivement pour une clinique, suit ses horaires, utilise son équipement et traite sa clientèle peut être considérée comme une employée malgré la formulation du contrat.
L’assurance doit expressément couvrir la pratique autonome. Il s’agit d’une lacune fréquente.
Posséder ou copropriéter une clinique de médecine esthétique
Depuis novembre 2024, la Loi 31 a modifié le Code des professions afin de permettre aux infirmières d’exercer au sein d’organisations constituées sous différentes formes juridiques, notamment certaines sociétés par actions professionnelles et sociétés en nom collectif à responsabilité limitée, selon les exigences applicables.
Cette évolution peut faciliter la création d’une entreprise et la gestion de ses activités. Elle ne modifie toutefois pas les exigences cliniques. Une infirmière propriétaire doit toujours s’assurer que chaque patient reçoit l’évaluation requise, qu’une ordonnance individuelle valide est délivrée, que le médecin peut se présenter dans le délai applicable ou que le dentiste respecte ses exigences de présence, et que la clinique est prête à gérer les urgences.
La Loi 31 a modifié certaines structures d’exercice accessibles aux infirmières. Elle n’a pas supprimé le rôle du prescripteur ni élargi automatiquement le champ d’exercice clinique.
Lorsqu’une infirmière établit sa propre clinique, elle devrait notamment :
- établir une relation formelle avec un prescripteur autorisé et confirmer les exigences applicables à la disponibilité du médecin ou à la présence du dentiste;
- veiller à ce que les locaux respectent les normes applicables aux interventions et à l’environnement clinique;
- mettre en place des protocoles d’urgence, y compris l’accès à la hyaluronidase lorsqu’elle est requise et un corridor de services fonctionnel;
- obtenir une assurance professionnelle et commerciale adaptée à l’infirmière et à l’entité clinique;
- respecter les exigences québécoises en matière de renseignements personnels, de dossiers cliniques et de systèmes numériques;
- obtenir des conseils juridiques et comptables qualifiés au Québec concernant la structure d’entreprise.
Le modèle de collaboration avec un dentiste
Depuis mars 2025, les infirmières peuvent aussi collaborer avec certains dentistes prescripteurs. Un dentiste qui a complété le parcours de formation requis par l’ODQ peut évaluer un patient, établir un plan, délivrer une ordonnance individuelle pour la toxine botulique A ou les agents de comblement compris dans son champ autorisé et collaborer avec une infirmière pour l’administration.
Les conditions essentielles demeurent : l’ordonnance doit être propre au patient, le dentiste doit agir dans les limites de son niveau de formation, les exigences de présence physique de l’ODQ doivent être respectées et l’infirmière conserve ses obligations d’évaluation, de compétence, de documentation et de refus.
Les infirmières qui souhaitent travailler avec des dentistes devraient comprendre le parcours progressif de l’ODQ afin de vérifier que les actes prescrits se trouvent dans le champ autorisé du dentiste.

Les possibilités professionnelles : pourquoi une formation sérieuse compte au Québec
Le marché des traitements esthétiques injectables est établi au Québec et continue d’évoluer, tandis que l’accès aux services et la concentration des praticiens varient selon les régions. Des possibilités peuvent exister à Montréal, à Québec, à Sherbrooke, à Gatineau, dans les Laurentides, en Estrie et dans d’autres communautés, mais chaque infirmière devrait évaluer la demande locale, la concurrence, les possibilités de collaboration et les exigences professionnelles avant de bâtir une pratique.
Le vieillissement de la population et la familiarité accrue du public avec certains traitements esthétiques et thérapeutiques peuvent contribuer au maintien de l’intérêt pour ces services. La demande peut aussi comprendre des applications thérapeutiques, notamment pour le bruxisme, la migraine, l’hyperhidrose et d’autres conditions, sous réserve du cadre professionnel et de prescription applicable.
Une attention réglementaire accrue peut devenir un avantage pour les praticiennes bien formées, adéquatement assurées et capables de démontrer des systèmes cliniques conformes. Les cliniques et les prescripteurs ont besoin de collaboratrices qui comprennent l’évaluation, l’ordonnance propre au patient, la documentation, la préparation aux urgences et la responsabilité professionnelle.
Une solide connaissance de l’anatomie, une préparation réelle à la gestion des complications, une documentation rigoureuse et une compréhension claire du cadre québécois peuvent aider une infirmière à se distinguer par la qualité clinique plutôt que par des promesses publicitaires non vérifiées.
Les possibilités de collaboration peuvent aussi augmenter lorsque des médecins ou des dentistes ayant reçu la formation requise ajoutent des services esthétiques dans les limites de leur champ d’exercice et recherchent un soutien infirmier qualifié.
Ce qu’une formation de qualité devrait réellement comprendre
Toutes les formations en injectables ne sont pas équivalentes. La profondeur clinique, la qualité de la supervision, la variété des cas et l’intégration du cadre québécois peuvent varier considérablement. Comprendre ce qu’une formation devrait couvrir aide l’infirmière à prendre une décision éclairée.
Anatomie faciale à une profondeur clinique. La compréhension des muscles, des nerfs, des vaisseaux sanguins et des plans anatomiques du visage n’est pas une connaissance accessoire. Elle constitue le fondement d’une technique d’injection sécuritaire. Une infirmière doit notamment connaître le trajet de l’artère faciale, des vaisseaux supratrochléaires et supraorbitaires, de l’artère angulaire ainsi que les variations anatomiques qui augmentent le risque vasculaire. La formation devrait couvrir en détail les principales zones de traitement, les structures vasculaires et les zones de danger propres à chaque région.
Pharmacologie des produits. L’infirmière doit comprendre le mécanisme d’action de la toxine botulique A, son délai d’apparition, sa durée, ses caractéristiques de diffusion, les conventions de dosage et les différences entre les produits disponibles. Elle doit également comprendre la chimie de l’acide hyaluronique, la rhéologie des agents de comblement, la raison pour laquelle certains produits conviennent à des plans anatomiques ou à des objectifs précis et l’incidence des propriétés du produit sur la technique d’injection. Les biostimulateurs, le PRP et toute autre catégorie pertinente à la pratique doivent aussi être abordés.
Évaluation du patient et reconnaissance des contre-indications. L’évaluation avant la séance est une obligation clinique et non une case à cocher. La formation devrait enseigner une méthode structurée, la reconnaissance des signaux d’alarme, les contre-indications propres aux produits et la décision de reporter ou de refuser un traitement.
Technique d’injection et pratique sur modèles vivants. Les connaissances théoriques sans pratique supervisée ne constituent pas une préparation suffisante à l’exercice clinique. La formation doit comprendre des injections supervisées sur des modèles vivants avec une rétroaction directe d’un formateur expérimenté. Le volume et la variété de la pratique comptent. Une seule séance sur modèle à la fin d’un cours théorique n’équivaut pas à des séances répétées et supervisées dans plusieurs zones de traitement.
Reconnaissance et prise en charge des complications. Une infirmière injectrice doit reconnaître une occlusion vasculaire, évaluer le blanchiment cutané et le remplissage capillaire, connaître les signes de nécrose imminente et comprendre les mesures à prendre dans les premières minutes. La formation doit aborder le protocole d’utilisation urgente de la hyaluronidase, la prise en charge de l’anaphylaxie, des hématomes et des infections ainsi que les critères d’escalade.
Cadre professionnel québécois. Une formation destinée aux infirmières du Québec devrait expliquer l’ordonnance individuelle, la disponibilité du médecin ou les exigences propres au dentiste, les différences entre infirmières, IPS et infirmières auxiliaires, les questions non résolues concernant les IPS, les obligations déontologiques, l’assurance et le futur cadre interordres. Une formation conçue pour une autre province ou un autre pays peut ne pas traiter ces distinctions.
Documentation et tenue des dossiers. L’infirmière devrait terminer sa formation en sachant rédiger des notes cliniques complètes, exactes, utiles à la continuité des soins et conformes à ses obligations.
Les programmes de l’Académie AMEQ destinés aux infirmières sont conçus pour offrir une formation structurée en médecine esthétique, sous la direction de la Dre Angelina Guzzo, BSc, PhD, MDCM, FRCPC, médecin spécialiste en anesthésie et formatrice en médecine esthétique depuis 2014. Les programmes comprennent des modules d’anatomie faciale, des activités pratiques supervisées sur modèles vivants et une présentation du cadre professionnel québécois. Ils sont offerts à Montréal et à Saint-Sauveur selon le programme.
Compléter une formation marque le début, et non la fin, du développement professionnel. La formation continue, le maintien des compétences par une pratique régulière et la mise à jour des connaissances sur les produits, les techniques et les règles professionnelles demeurent des obligations permanentes.

Le cadre interordres de 2026 : ce que les infirmières devraient surveiller
L’initiative annoncée par le CMQ, l’ODQ, l’OIIQ et l’OIIAQ en novembre 2025 représente un développement important dans l’encadrement des soins médico-esthétiques au Québec. Toute infirmière qui planifie sa carrière dans ce secteur devrait suivre son évolution.
L’objectif annoncé consiste à établir des paramètres communs concernant les rôles, les responsabilités, la collaboration et la sécurité pour les médecins, les dentistes, les infirmières, les IPS et les infirmières auxiliaires.
Le cadre pourrait clarifier les conditions de pratique dans différents modèles de clinique, le rôle et la disponibilité du médecin ou du dentiste pendant les séances, les attentes en matière de formation et de compétence, le rôle de l’infirmière auxiliaire, la prescription et l’auto-administration par les IPS, les fonctions de direction médicale, la documentation, la publicité et la préparation aux urgences.
Il est peu probable que ce cadre :
- élimine l’exigence d’une ordonnance individuelle propre au patient;
- supprime l’exigence d’un accès rapide à un médecin qualifié;
- élargisse le champ de l’infirmière auxiliaire pour lui permettre d’évaluer un patient de façon indépendante;
- retire la responsabilité professionnelle individuelle de chaque praticien.
L’évolution de l’encadrement québécois s’est généralement orientée vers des obligations plus précises, une meilleure définition des responsabilités et une surveillance plus active. Le cadre commun devrait consolider les exigences existantes et répondre aux zones grises plutôt que diminuer les protections.
Pour les infirmières qui pratiquent déjà de façon conforme, l’effet attendu devrait principalement être une clarification et une normalisation. Pour celles dont le modèle actuel ne respecte pas les exigences déjà connues, ce cadre pourrait accroître les attentes et les mécanismes de surveillance.
Jusqu’à sa publication, les règles actuelles demeurent en vigueur. Il faut surveiller les sites du CMQ, de l’OIIQ, de l’OIIAQ et de l’ODQ pour toute mise à jour.
Liste de vérification pratique avant d’accepter un premier patient en médecine esthétique
Une infirmière qui se prépare à commencer ou à poursuivre une pratique en médecine esthétique au Québec devrait confirmer tous les éléments suivants.
Préparation clinique
- Vous avez complété une formation qui couvre l’anatomie faciale à une profondeur clinique, la pharmacologie, l’évaluation du patient, la technique d’injection avec pratique supervisée sur modèles vivants ainsi que la reconnaissance et la prise en charge des complications, y compris l’utilisation de la hyaluronidase.
- Vous pouvez effectuer une évaluation infirmière complète avant chaque séance et reconnaître les contre-indications qui exigent le report ou le refus du traitement.
- Vous comprenez les produits utilisés, leurs mécanismes, leurs risques, leurs contre-indications, les plans anatomiques appropriés et les paramètres de dosage applicables.
- Vous avez consulté et compris les directives actuelles de l’OIIQ ou de l’OIIAQ qui s’appliquent à votre profession et à votre modèle de pratique.
Conformité professionnelle
- Vous ne traiterez un patient que sous une ordonnance individuelle valide délivrée après une évaluation en personne par un médecin autorisé ou, pour les traitements compris dans le champ de l’ODQ, par un dentiste ayant complété le niveau de formation requis.
- Avant chaque séance ordonnée par un médecin, vous confirmerez qu’un médecin compétent peut être auprès du patient dans un délai de 15 minutes si la situation l’exige. Pour une ordonnance délivrée par un dentiste, vous confirmerez que les exigences de présence sur place de l’ODQ sont respectées.
- Vous confirmerez que la hyaluronidase lorsqu’elle est requise, la trousse d’urgence, le défibrillateur et le corridor de services sont disponibles et fonctionnels.
- Vous avez vérifié que l’ordonnance est complète, valide, propre au patient et comprise dans les limites de votre formation et de votre compétence.
- Vous comprenez exactement dans quelles conditions vous pouvez ou ne pouvez pas ajuster un plan de traitement.
Assurance et affaires
- Vous avez obtenu une confirmation écrite de l’OIIQ, de l’OIIAQ ou de votre assureur que votre couverture s’applique aux activités proposées.
- Si vous exercez de façon autonome ou possédez une clinique, vous avez obtenu les protections commerciales nécessaires pour les opérations qui ne sont pas couvertes par l’assurance professionnelle.
- Vous avez consulté un comptable et un conseiller juridique qualifiés au Québec concernant votre structure d’entreprise et vos responsabilités.
Documentation et confidentialité
- Vous disposez d’un système permettant de conserver des dossiers cliniques complets et accessibles aux professionnels concernés selon les exigences applicables.
- Vous avez un processus conforme pour obtenir, documenter et conserver les consentements.
- Vos systèmes numériques, photographies et communications respectent les exigences québécoises en matière de protection des renseignements personnels.
Vérification propre aux IPS
Si vous êtes IPS, vous avez obtenu une clarification écrite de l’OIIQ concernant la capacité de votre classe de spécialité et du cadre médico-esthétique actuel à vous permettre de prescrire indépendamment le traitement proposé, d’administrer un traitement que vous avez prescrit, de délivrer une ordonnance à une autre infirmière ou d’agir comme autorité médicale responsable ou directrice médicale. Tant que cette confirmation n’a pas été obtenue, une formation, une interprétation générale de l’article 36.1 ou un avis verbal informel ne devrait pas servir de fondement à une prescription esthétique indépendante.
Foire aux questions
Les infirmières peuvent-elles effectuer des injections esthétiques au Québec?
Une infirmière ou une infirmière auxiliaire peut administrer certains traitements esthétiques lorsque l’acte fait partie de ses activités professionnelles, qu’elle possède la compétence et l’assurance nécessaires et que l’évaluation propre au patient, le plan de traitement, l’ordonnance individuelle, les conditions de la clinique et les exigences de collaboration médicale ou dentaire sont respectés. Une formation ne crée pas à elle seule une autorisation.
Une infirmière a-t-elle besoin d’une ordonnance individuelle pour administrer des injections esthétiques?
Oui. Le cadre québécois exige une ordonnance individuelle propre au patient pour les injections esthétiques administrées par une infirmière. Le patient doit d’abord recevoir l’évaluation en personne requise d’un prescripteur autorisé, et l’ordonnance doit contenir suffisamment de détails pour que l’infirmière exécute le traitement de façon sécuritaire.
Une IPS peut-elle prescrire des produits injectables esthétiques de façon indépendante?
Les activités générales prévues par la loi pour une IPS ne règlent pas automatiquement toutes les questions propres à la médecine esthétique. Tant que l’OIIQ n’a pas fourni une clarification écrite pour la classe de spécialité et le modèle proposé, une IPS ne devrait pas présumer qu’une formation l’autorise à prescrire de façon indépendante, à s’auto-ordonner un traitement, à délivrer des ordonnances à d’autres infirmières ou à agir comme directrice médicale.
Une infirmière auxiliaire peut-elle travailler de façon indépendante comme injectrice en médecine esthétique?
Une infirmière auxiliaire peut administrer certaines substances sous une ordonnance individuelle, mais elle ne peut pas remplacer de façon indépendante le professionnel responsable de l’évaluation, du diagnostic, de la prescription ou du plan de traitement. Elle doit exercer selon sa compétence, vérifier l’ordonnance, surveiller et documenter les soins et confirmer que les conditions de collaboration et d’urgence sont en place.
Le médecin doit-il déjà se trouver dans la clinique pendant chaque injection effectuée par une infirmière?
Pour un traitement ordonné par un médecin, le CMQ exige qu’un médecin responsable soit accessible et disponible pour être auprès du patient dans un délai de 15 minutes après une injection. L’organisation doit rendre cette présence physique réaliste. Une disponibilité uniquement par téléphone ou vidéo ne suffit pas si le médecin ne peut pas se présenter dans le délai requis. Les ordonnances d’un dentiste sont assujetties aux exigences distinctes de présence sur place de l’ODQ.
Une infirmière peut-elle ajuster un plan de traitement esthétique?
Une infirmière peut ajuster un traitement uniquement lorsqu’un protocole d’ajustement explicite intégré à l’ordonnance définit les changements permis, les paramètres applicables et les situations qui exigent un retour vers le prescripteur. Une infirmière auxiliaire ne peut pas ajuster de façon indépendante un médicament ou une substance injectable.
Quelle assurance une infirmière injectrice doit-elle détenir?
L’infirmière doit maintenir une assurance responsabilité professionnelle et confirmer que les soins médico-esthétiques ainsi que le modèle de pratique proposé sont couverts. Les propriétaires et les travailleuses autonomes devraient également évaluer la responsabilité civile générale, les locaux, la cybersécurité, la protection des renseignements personnels, les employés, l’équipement et les autres risques commerciaux.
Que devrait comprendre une formation en injectables pour les infirmières du Québec?
Une formation devrait aborder l’anatomie faciale, la pharmacologie, l’évaluation du patient, les contre-indications, la pratique supervisée sur modèles vivants, la reconnaissance et la prise en charge des complications, la documentation, le consentement, la préparation aux urgences et le cadre professionnel québécois. La formation constitue une base de développement professionnel et non une autorisation indépendante.
Sources officielles et lectures complémentaires
- CMQ : Médecine esthétique, observations et responsabilités, 23 novembre 2023
- CMQ : Pour une protection du public accrue en matière de médecine esthétique, 30 mai 2024
- OIIQ : Médecine esthétique, garantir des soins sécuritaires et de qualité, 30 mai 2024
- OIIQ : Exercer en soins médico-esthétiques, obligations déontologiques, 28 novembre 2025
- OIIAQ : Pharmacothérapie et questions de pratique en soins médico-esthétiques
- OIIQ : Assurance responsabilité professionnelle
- OIIQ : Pratique infirmière dans le secteur privé
- CMQ : Collaboration de quatre ordres sur les soins médico-esthétiques, 28 novembre 2025
- ODQ : Utilisation de la toxine botulique A et des agents de comblement par les dentistes
Formations connexes de l’Académie AMEQ pour les infirmières
Les infirmières qui recherchent une formation structurée et dirigée par un médecin peuvent consulter le cours de base en injectables pour infirmières, la formation de 4 jours en injectables pour infirmières, la formation en PRP et microneedling et la formation en échographie faciale.
Pour obtenir les renseignements actuels sur les programmes, communiquez avec l’Académie AMEQ à education@cliniqueag.ca ou au (514) 574-4636. Une formation ne confère pas à elle seule le droit d’exercer et ne modifie pas le champ d’exercice professionnel au Québec.
Avis de responsabilité professionnelle
Cet article fournit de l’information éducative sur le cadre applicable aux infirmières, aux IPS et aux infirmières auxiliaires qui participent à des soins médico-esthétiques au Québec. Il ne constitue pas un avis juridique, une interprétation officielle de l’OIIQ, de l’OIIAQ, du CMQ, de l’ODQ ou d’un autre ordre professionnel, ni une autorisation d’effectuer, de prescrire, de diriger ou de superviser une intervention.
L’information reflète des sources officielles examinées en juillet 2026, notamment le Guide d’exercice, La médecine esthétique du CMQ publié en août 2020, l’avis conjoint CMQ-OIIQ du 30 mai 2024, le communiqué interordres du 28 novembre 2025, la Loi sur les infirmières et les infirmiers (RLRQ, c. I-8), le Code des professions (RLRQ, c. C-26) et le Code de déontologie des infirmières et infirmiers (RLRQ, c. I-8, r. 9).
Les règlements, les normes et les directives professionnelles peuvent changer. Le cadre interordres annoncé en novembre 2025 devait être publié au cours de 2026 et pourrait modifier certaines exigences décrites dans cet article.
Chaque infirmière, y compris chaque IPS, doit confirmer ses obligations actuelles directement auprès de l’OIIQ ou de l’OIIAQ, de son assureur en responsabilité professionnelle et d’un conseiller juridique qualifié avant de commencer ou de poursuivre une pratique en médecine esthétique. Une formation de l’Académie AMEQ n’autorise pas indépendamment les injections, la prescription, l’auto-ordonnance ou une fonction de direction médicale, ne constitue pas une approbation du CMQ, de l’OIIQ, de l’OIIAQ ou de l’ODQ et n’élargit pas le champ d’exercice professionnel.
Préparé par l’Académie AMEQ. Révisé et approuvé par la Dre Angelina Guzzo, BSc, PhD, MDCM, FRCPC, médecin spécialiste en anesthésie et formatrice en médecine esthétique depuis 2014. Information réglementaire révisée le 20 juillet 2026.

