Dentistes en médecine esthétique au Québec : obligations, possibilités et exigences du guide de l’ODQ - Formation Esthétique

Le guide de l’Ordre des dentistes du Québec établit un parcours progressif pour les dentistes qui souhaitent offrir des traitements à la toxine botulinique de type A et, au niveau 4, aux agents de comblement. Cet article explique les quatre niveaux de formation, les seuils d’expérience auprès de patients, le parcours clinique, les six conditions liées aux ordonnances destinées aux infirmières, l’obligation de présence sur place et les normes applicables aux lieux de pratique. Il précise aussi les traitements qui ne sont pas couverts par le guide en date de juillet 2026.
Dentiste québécois suivant une formation en injections esthétiques à l'AMEQ Académie de Montréal

Points essentiels pour les dentistes du Québec

Les dentistes du Québec peuvent offrir des traitements à la toxine botulinique de type A et, au niveau 4, des traitements avec des agents de comblement uniquement dans le cadre progressif établi par l’ODQ. Le parcours comprend la théorie du niveau 1, une formation clinique supervisée, des seuils d’expérience auprès de patients, un examen et une planification propres à chaque patient ainsi que des exigences strictes lorsqu’une infirmière administre le traitement. La réussite d’une formation ne constitue pas une approbation de l’ODQ ni une autorisation automatique.

Référence éducative destinée aux dentistes du Québec qui envisagent ou pratiquent déjà des traitements à la toxine botulinique de type A et aux agents de comblement dermique. Cet article ne constitue pas un avis juridique, une interprétation officielle de l’ODQ ni une autorisation d’effectuer une intervention. Confirmez toujours les exigences en vigueur directement auprès de l’ODQ, de votre assureur en responsabilité professionnelle et d’un conseiller juridique qualifié avant d’offrir ou de modifier ces services.

La publication, en mars 2025, du guide de l’Ordre des dentistes du Québec sur les toxines botuliques de type A (BoNT/A) et les agents de comblement a marqué l’un des changements formels les plus importants apportés au champ d’exercice de la médecine dentaire au Québec depuis des décennies. Pour la première fois, les dentistes du Québec disposaient d’un parcours officiel et clairement défini pour offrir des traitements esthétiques injectables, avec des exigences de formation précises, des niveaux d’autorisation progressifs et des obligations explicites.

Ce guide, mis à jour en juin 2025 et complété par une foire aux questions en septembre 2025, a suscité beaucoup d’intérêt dans la communauté dentaire québécoise. Il a également entraîné une certaine confusion, des affirmations exagérées de la part de certains fournisseurs de formation et plusieurs questions auxquelles le guide ne répond que partiellement, ou pas du tout.

Cet article analyse en détail le cadre de l’ODQ : ce qu’il confirme et ce qu’il ne confirme pas, les exigences des quatre niveaux de formation, la progression entre ces niveaux, les étapes obligatoires de chaque rencontre avec un patient, les obligations de présence sur place du dentiste, la collaboration avec les infirmières injectrices selon le cadre actuel, la distinction entre les applications thérapeutiques et esthétiques ainsi que les possibilités réelles pour les dentistes qui intègrent ce domaine avec une préparation adéquate.

L’article examine aussi certains aspects du contexte actuel que les fournisseurs de formation présentent parfois de façon incomplète : les limites du guide de l’ODQ, les traitements qui ne sont pas encore autorisés pour les dentistes et les obligations professionnelles qui s’appliquent indépendamment de l’enthousiasme commercial entourant ce domaine.

Dentiste du Québec participant à une formation en traitements esthétiques injectables à l’Académie AMEQ à Montréal
L’Académie AMEQ offre une formation en traitements esthétiques injectables supervisée par médecin aux dentistes du Québec à Montréal et à Saint-Sauveur.

Pourquoi les dentistes possèdent une base naturelle pour les traitements esthétiques injectables

Avant d’examiner le cadre réglementaire, il convient d’expliquer clairement pourquoi le guide de l’ODQ est cohérent sur le plan professionnel. Le lien entre la médecine dentaire et les traitements esthétiques injectables du visage n’est pas arbitraire.

Les dentistes passent toute leur carrière à travailler dans l’une des régions anatomiques les plus complexes du corps humain. La musculature faciale, la distribution du nerf trijumeau, l’anatomie vasculaire du visage et de la mâchoire, les structures osseuses de la mandibule et du maxillaire, l’articulation temporomandibulaire et les groupes musculaires environnants, les tissus intraoraux et périoraux ainsi que la relation entre la fonction buccale et la structure faciale font tous partie de la formation dentaire fondamentale.

De plus, les dentistes comptent parmi les professionnels de la santé les plus expérimentés en matière d’injections. Chaque bloc anesthésique local administré par un dentiste exige un positionnement précis de l’aiguille dans une région anatomiquement sensible, une attention aux structures vasculaires, une surveillance de la réaction du patient et une connaissance des événements indésirables possibles. La confiance clinique et la précision technique nécessaires à une bonne pratique des traitements esthétiques injectables sont des aptitudes que les dentistes développent tout au long de leur carrière.

Les applications thérapeutiques sont encore plus directement liées à leur pratique. L’utilisation de la toxine botulinique de type A dans la prise en charge du bruxisme et des dysfonctions temporomandibulaires s’inscrit naturellement dans le champ thérapeutique traditionnel de la médecine dentaire. La prise en charge de l’hyperactivité des masséters, la réduction du serrement parafonctionnel, le traitement de la douleur myofasciale des muscles masticateurs et la gestion de certaines formes de troubles temporomandibulaires sont déjà des conditions évaluées et prises en charge par les dentistes.

Le guide de l’ODQ de 2025 reconnaît explicitement ce lien. Le parcours de formation de niveau 2 traite à la fois des applications esthétiques du haut du visage et des applications thérapeutiques liées au bruxisme et à certaines conditions connexes, puisque les connaissances anatomiques et techniques de base se recoupent largement.

Schéma d’anatomie faciale utilisé dans la formation en traitements injectables destinée aux dentistes du Québec à l’Académie AMEQ
Une connaissance approfondie de l’anatomie faciale constitue une base importante que les dentistes apportent à la pratique des traitements esthétiques injectables.

Ce que le guide de l’ODQ de mars 2025 a réellement établi

L’Ordre des dentistes du Québec a publié son guide le 27 mars 2025. Il a été modifié le 26 juin 2025 à certaines pages, puis complété par une foire aux questions publiée le 29 septembre 2025. Ensemble, ces trois documents constituent la base réglementaire actuelle de la pratique des traitements injectables par les dentistes au Québec.

Pour la première fois au Québec, le guide établit un parcours formel permettant aux dentistes d’utiliser la toxine botulinique de type A (BoNT/A) et des agents de comblement à des fins esthétiques et thérapeutiques, dans les limites du champ d’exercice de la médecine dentaire. Les directives sont entrées en vigueur dès leur publication.

Avant d’examiner ce que le guide confirme, il faut préciser ce qu’il est et ce qu’il n’est pas. Il s’agit d’une directive de pratique émise par l’ordre professionnel qui encadre les dentistes du Québec. Ce n’est ni une loi ni un règlement adopté par l’Assemblée nationale. Il représente la position officielle de l’ODQ sur ce qui relève du champ professionnel des dentistes du Québec dans ce domaine, et son respect constitue une condition de pratique conforme. Les fournisseurs de formation qui présentent ce guide comme une « nouvelle loi » n’emploient donc pas un vocabulaire exact, même si, dans la pratique, une directive de l’ODQ entraîne des obligations professionnelles importantes.

Le guide ne certifie ni n’approuve à l’avance un fournisseur ou un programme de formation. Une affirmation selon laquelle un cours serait « certifié par l’ODQ », « approuvé par l’ODQ » ou équivalent est inexacte, puisque l’ODQ ne certifie ni n’approuve les programmes de formation dans ce domaine. L’ODQ définit les contenus requis. Chaque dentiste demeure responsable de choisir une formation qui répond à ces exigences et de le confirmer de façon indépendante.

Ce que le guide confirme

Les dentistes du Québec qui complètent le parcours de formation défini par l’ODQ peuvent utiliser la toxine botulinique de type A à des fins esthétiques et thérapeutiques dans les régions anatomiques et aux niveaux cliniques correspondant au niveau de formation qu’ils ont terminé.

Les dentistes du Québec qui complètent le parcours de niveau 4 peuvent utiliser des agents de comblement dermique à des fins esthétiques et thérapeutiques dans les régions autorisées.

Un dentiste qui a complété le niveau de formation requis peut émettre une ordonnance individuelle à un autre professionnel de la santé autorisé, notamment une infirmière ou une infirmière auxiliaire, afin qu’il administre ces traitements, sous réserve des conditions décrites plus loin dans cet article.

Ce que le guide ne confirme pas

Le guide n’autorise pas les dentistes à offrir tous les traitements esthétiques du visage proposés dans les cliniques de médecine esthétique. Lorsque l’ODQ a été questionné en septembre 2025 sur la possibilité pour les dentistes d’effectuer le microneedling, la photobiomodulation et des traitements similaires, il a répondu qu’il analysait la question et qu’il se prononcerait ultérieurement. En date de juillet 2026, aucune position de l’ODQ n’avait été confirmée concernant le microneedling, le plasma riche en plaquettes (PRP), les fils tenseurs, les traitements au laser, la lumière intense pulsée, la radiofréquence ou d’autres traitements faciaux non injectables ou utilisant une forme d’énergie. Ces traitements ne sont pas autorisés par le guide de 2025 et ne devraient pas être offerts en présumant que l’autorisation du guide s’y étend.

Le guide n’établit pas que l’exécution de ces traitements dans son cadre constitue l’exercice de la médecine. Le CMQ définit la médecine esthétique comme un acte médical. Les dentistes qui exercent selon le guide de l’ODQ agissent dans leur propre champ professionnel, tel que défini par leur ordre, et non comme s’ils exerçaient la médecine. La surveillance réglementaire et le pouvoir disciplinaire relèvent de l’ODQ, non du CMQ.

Le guide ne réduit ni n’élimine les autres obligations professionnelles du dentiste. Toutes les obligations prévues par la Loi sur les dentistes, le Code de déontologie des dentistes, le règlement sur les normes des cabinets dentaires et le Code des professions continuent de s’appliquer intégralement.

Le parcours progressif de formation en quatre niveaux

Le guide de l’ODQ structure la formation en traitements injectables selon quatre niveaux progressifs. Cette progression est intentionnelle : chaque niveau s’appuie sur le précédent, et les seuils d’expérience clinique entre les niveaux reflètent ce que l’ODQ considère nécessaire avant d’élargir le champ d’intervention.

Aucun niveau ne peut être sauté, peu importe l’expérience antérieure, le niveau de confiance ou l’étendue d’une formation suivie avant la publication du guide. Un dentiste ayant complété un cours sur les traitements injectables plusieurs années auparavant et ayant utilisé la toxine botulinique de type A à des fins thérapeutiques sans parcours formel conforme à l’ODQ n’est pas automatiquement considéré comme étant au niveau 3 ou 4. Son niveau correspond à la formation conforme complétée et à l’expérience clinique acquise selon le cadre du guide.

Niveau 1 : connaissances fondamentales

Le niveau 1 constitue le préalable théorique aux niveaux pratiques suivants. Il n’autorise pas le traitement de patients. Selon le guide de l’ODQ, le niveau 1 est entièrement théorique, devrait comprendre au moins 16 heures et établit les bases requises en anatomie de la tête et du cou, en examen du patient, en toxine botulinique de type A, en sécurité, en documentation et en suivi avant de progresser vers la formation clinique.

Le contenu du niveau 1 de l’ODQ comprend l’anatomie de la tête et du cou, notamment l’articulation temporomandibulaire, la peau, les muscles, le système nerveux et le système vasculaire; les processus et les étapes du vieillissement du visage et du cou; l’examen buccodentaire complet pour les soins thérapeutiques et l’examen des tissus adjacents liés au traitement esthétique à la toxine botulinique de type A; les méthodes d’identification des structures osseuses et musculaires, notamment la palpation et le marquage; l’identification des sites et des techniques d’injection; l’évaluation continue de l’efficacité du traitement et le suivi du patient; la photographie clinique calibrée; l’intégration de la toxine botulinique de type A dans les plans de traitement en santé buccodentaire; les indications et les contre-indications du traitement esthétique extraoral; les risques ainsi que la prise en charge des complications possibles.

Le guide de l’ODQ n’exige pas que le niveau 1 comprenne la pharmacologie des agents de comblement, leur rhéologie ou la théorie de l’acide hyaluronique. Le programme du niveau 3 introduit les agents de comblement, tandis que le niveau 4 traite de leur contenu avancé et de leur utilisation clinique. L’Académie AMEQ adopte une approche pédagogique plus large à l’étape 1 en intégrant au programme en ligne les notions de base et avancées sur les agents de comblement, les principes de l’acide hyaluronique ainsi que la reconnaissance et la prise en charge des complications liées aux agents de comblement. Cette base en ligne précoce fournit aux dentistes une ressource de référence qu’ils peuvent consulter avant les composantes magistrales des niveaux 3 et 4. Il s’agit d’un choix pédagogique de l’AMEQ et non d’une exigence, d’une certification, d’une approbation ou d’un endossement du niveau 1 par l’ODQ.

Niveau 2 : haut du visage et prise en charge thérapeutique du bruxisme

Le niveau 2 constitue le premier niveau permettant de traiter des patients avec la toxine botulinique de type A. Il autorise simultanément deux domaines cliniques en raison de leur base anatomique commune.

Les applications esthétiques du niveau 2 comprennent le haut du visage : le complexe glabellaire, notamment les muscles procerus et corrugateur, le muscle frontal pour les rides du front et la région périoculaire, notamment le muscle orbiculaire de l’œil, les pattes-d’oie et l’ajustement de la position du sourcil. Ces régions figurent parmi les sites de traitement esthétique à la BoNT/A les plus courants et constituent le point de départ de la pratique esthétique.

Les applications thérapeutiques du niveau 2 comprennent la prise en charge du bruxisme, notamment l’hypertrophie des masséters, le serrement parafonctionnel et la douleur liée à la mâchoire, ainsi que certaines dysfonctions temporomandibulaires lorsque la toxine botulinique de type A constitue une option thérapeutique cliniquement appropriée dans le champ de la médecine dentaire.

Après avoir terminé la formation de niveau 2 et commencé à traiter des patients, l’ODQ recommande une période d’attente d’environ six mois avant de passer au niveau 3. Cette période est recommandée, mais non obligatoire. Elle vise à permettre au dentiste d’observer les résultats pendant la durée naturelle de l’effet du traitement, de prendre en charge les complications éventuelles et d’approfondir son expérience clinique avant d’élargir son champ d’intervention.

Les programmes qui regroupent les contenus des niveaux 2 et 3 dans une seule formation intensive ne correspondent pas à l’intention du guide de l’ODQ, puisque la période d’observation de six mois ne peut avoir lieu dans le cadre d’un même cours. Les dentistes devraient donc évaluer la structure d’un programme en fonction de l’intention du guide autant que de ses exigences précises.

Niveau 3 : milieu et bas du visage, cou et applications thérapeutiques élargies

Avant d’accéder à la formation de niveau 3, le dentiste doit démontrer qu’il a traité au moins 20 patients avec la toxine botulinique de type A dans le champ du niveau 2.

Une précision importante apportée par la modification du guide de juin 2025 et la FAQ de septembre 2025 est que ce seuil de 20 patients s’applique à l’ensemble des catégories de traitement du niveau 2. Il ne s’agit pas de 20 patients distincts pour le haut du visage et de 20 autres pour le bruxisme. Le minimum est de 20 patients au total dans les catégories prévues au niveau 2.

Le niveau 3 élargit le champ de la toxine botulinique de type A au milieu et au bas du visage ainsi qu’au cou, notamment les muscles zygomatiques, le risorius, le buccinateur et les muscles connexes du milieu du visage; le mentonnier, le dépresseur de l’angle de la bouche, le dépresseur de la lèvre inférieure, les bandes platysmales et les muscles périoraux, dont l’orbiculaire de la bouche; le platysma au cou; ainsi que les applications thérapeutiques liées à la prise en charge de la douleur et des dysfonctions myofasciales au-delà du bruxisme de base du niveau 2.

Ces régions sont anatomiquement plus complexes. Le bas du visage et la région périorale comportent un réseau dense de vaisseaux, de nerfs et de muscles qui exige une technique plus précise et des connaissances anatomiques plus approfondies que les traitements du haut du visage. Le niveau 3 ne devrait pas être considéré comme une progression automatique pour un praticien qui n’a pas consolidé ses acquis cliniques du niveau 2.

Niveau 4 : agents de comblement dermique

Avant d’accéder à la formation de niveau 4, le dentiste doit avoir traité au moins 20 patients avec la toxine botulinique de type A dans le champ du niveau 3, soit dans les catégories combinées du milieu et du bas du visage, du cou, de la douleur et des dysfonctions myofasciales.

Le niveau 4 introduit les agents de comblement dermique. Il ne se limite pas nécessairement aux produits à base d’acide hyaluronique et peut comprendre d’autres agents de comblement autorisés par Santé Canada lorsque cela est approprié. Les régions autorisées dans le champ dentaire sont actuellement limitées aux lèvres et au sillon nasogénien.

Les agents de comblement présentent un profil de risque différent de celui de la toxine botulinique de type A. L’injection intravasculaire d’un agent de comblement à base d’acide hyaluronique peut causer une occlusion vasculaire immédiate ou retardée et entraîner une nécrose tissulaire. L’antidote, la hyaluronidase, doit être disponible immédiatement lorsqu’un agent de comblement est administré. Il s’agit d’une exigence de sécurité qui doit être respectée avant chaque séance de niveau 4.

La formation de niveau 4 doit comprendre la pharmacologie et la physicochimie des agents de comblement, les techniques d’injection propres à chaque région, la reconnaissance et la prise en charge urgente des complications vasculaires, l’administration de la hyaluronidase comme antidote, l’évaluation et la sélection des patients ainsi que l’identification des contre-indications propres aux agents de comblement.

Schéma du parcours progressif de formation en traitements injectables à quatre niveaux de l’ODQ pour les dentistes du Québec
Le parcours progressif de l’ODQ comprend le niveau 1 théorique, le niveau 2 pour le haut du visage et le bruxisme, le niveau 3 pour le milieu et le bas du visage ainsi que le niveau 4 pour les agents de comblement dermique.

Ce qui doit être fait avant de traiter un patient : le parcours clinique complet

Le guide de l’ODQ est précis quant à la séquence d’étapes qui doit être respectée avant qu’un dentiste puisse administrer un traitement esthétique injectable à un patient ou autoriser un autre professionnel à le faire. Chaque rencontre doit suivre un parcours clinique défini.

Examen clinique

Le dentiste doit effectuer un examen clinique approfondi propre à la préoccupation esthétique ou thérapeutique visée. Cet examen doit notamment comprendre la révision des antécédents médicaux et dentaires pertinents, la documentation des médicaments, suppléments et traitements antérieurs, l’évaluation anatomique des régions envisagées, l’identification des contre-indications ainsi que l’évaluation des objectifs et des attentes du patient.

L’examen doit être effectué en personne. Le guide de l’ODQ n’aborde pas la télémédecine dans les mêmes termes que le CMQ. Cependant, l’obligation d’effectuer un examen et d’établir un diagnostic implique une évaluation clinique en personne. Une analyse fondée uniquement sur des photographies ou une vidéo ne permet pas de satisfaire aux exigences cliniques décrites dans le guide.

Diagnostic

Après l’examen, le dentiste doit établir un diagnostic. Celui-ci définit l’indication clinique du traitement. Pour une intervention esthétique, cette étape comprend l’évaluation de la présentation anatomique, l’identification de la condition à traiter, par exemple des rides dynamiques du front, une hypertrophie des masséters associée au bruxisme ou une perte de volume périorale, ainsi que la détermination de la pertinence clinique du traitement proposé pour ce patient.

Cette étape diagnostique n’est pas une formalité. L’ODQ exige que le dentiste exerce dans les limites de sa formation et de sa compétence à chaque niveau. Un dentiste qui ne possède pas la formation ou le jugement clinique nécessaire pour établir un diagnostic approprié avant de traiter ne pratique pas dans les limites de son champ autorisé.

Plan de traitement avec cartographie des sites et doses

Après le diagnostic, le dentiste doit établir un plan de traitement écrit. Pour les traitements injectables, les exigences liées à l’ordonnance destinée à une infirmière démontrent que le plan doit inclure une cartographie précise des points d’injection et les doses à administrer à chaque site. Un plan indiquant seulement « traiter la glabelle avec la BoNT/A » sans préciser les points et les unités n’est pas suffisant pour émettre une ordonnance individuelle à une infirmière et ne devrait pas non plus être considéré comme suffisant lorsque le dentiste effectue lui-même le traitement.

La précision de la cartographie est importante pour la sécurité. Elle empêche l’ajout de sites non autorisés pendant la séance, favorise une documentation exacte et fournit une base permettant d’évaluer les résultats au suivi.

Consentement libre et éclairé par écrit

Avant tout traitement, le patient doit fournir un consentement libre et éclairé par écrit. Le processus doit être effectué par le dentiste et ne peut pas être délégué au personnel de la clinique. Le patient doit recevoir et comprendre l’information concernant la nature et l’objectif du traitement, les produits précis qui seront utilisés, les résultats réalistes et leur durée, les effets indésirables possibles, y compris les risques courants, inhabituels et rares, les risques propres aux injections faciales, les solutions de rechange, les conséquences d’une absence de traitement, l’absence de garantie de résultat, les obligations de suivi et le coût.

Lorsque le patient présente une condition systémique pouvant interagir avec le traitement injectable, le processus de consentement doit également aborder cette interaction et les précautions prises.

Exécution du traitement ou ordonnance individuelle

Lorsque le dentiste administre lui-même le traitement, le parcours clinique se poursuit avec l’intervention, sa documentation et le suivi.

Lorsque le dentiste émet une ordonnance individuelle qui sera exécutée par une infirmière, des étapes supplémentaires s’appliquent, comme l’explique la section suivante.

Documentation et suivi après traitement

Chaque séance doit être consignée dans le dossier clinique. La documentation doit comprendre la date et le type de traitement, les produits utilisés, les sites précis et les quantités administrées à chacun, l’état du patient avant et après le traitement, tout événement indésirable ou observation inhabituelle, le nom et la signature du dentiste ainsi que les communications avec le patient ou d’autres professionnels.

Le dentiste doit également organiser le suivi. Le patient doit être informé de l’évolution attendue, des événements indésirables à surveiller, de la façon de joindre la clinique en cas de changement et du moment recommandé pour la visite de suivi.

L’ordonnance individuelle : quand un dentiste peut autoriser une infirmière à administrer le traitement

Un aspect opérationnel important du guide de 2025 est la confirmation qu’un dentiste peut émettre une ordonnance individuelle à un autre professionnel de la santé autorisé afin qu’il administre la BoNT/A ou un agent de comblement dans les limites du champ autorisé du dentiste.

Dans la pratique, il s’agit le plus souvent d’une infirmière. Une infirmière auxiliaire peut également être autorisée à administrer une substance injectable selon une ordonnance individuelle, mais des contraintes additionnelles s’appliquent puisqu’elle ne peut pas évaluer de façon autonome l’état de santé du patient. Dans ce cas, le dentiste doit effectuer l’évaluation avant chaque séance.

Les six conditions pour émettre une ordonnance à une infirmière

Les modifications de juin 2025 à la page 8 du guide ont clarifié les conditions qui doivent toutes être respectées avant qu’un dentiste puisse émettre une ordonnance individuelle à un autre professionnel. Il ne s’agit pas de suggestions.

Premièrement : le dentiste doit avoir effectué un examen clinique, établi un diagnostic et formulé un plan de traitement comprenant une cartographie précise des sites et des doses.

Deuxièmement : le dentiste doit s’assurer que le professionnel qui recevra l’ordonnance est habilité à exercer les activités réservées de sa propre profession. L’ordonnance ne peut pas être remise à une personne non réglementée, à une esthéticienne ou à une personne qui ne possède pas l’activité réservée pertinente.

Troisièmement : le dentiste doit vérifier que le professionnel possède la formation requise pour les interventions précises prévues dans l’ordonnance, que cette formation est à jour et que la personne est compétente pour les exécuter de façon sécuritaire.

Quatrièmement : le dentiste doit s’assurer que les interventions n’excèdent pas la formation et la compétence du professionnel. Il ne suffit pas de demander à l’infirmière si elle se sent à l’aise. Le dentiste doit pouvoir confirmer une formation et une expérience démontrables pour les interventions visées.

Cinquièmement : le dentiste doit s’assurer que les interventions n’excèdent pas son propre niveau actuel d’expertise. Un dentiste de niveau 2 ne peut pas émettre une ordonnance pour des traitements de niveau 3 ou 4. Cette limite s’applique autant aux traitements qu’il administre qu’à ceux qu’il ordonne à une infirmière.

Sixièmement : le dentiste doit être sur place à l’endroit où l’ordonnance sera exécutée. « Sur place » signifie physiquement présent au lieu précis où l’infirmière administre l’injection. Une présence dans un autre cabinet à proximité, une disponibilité téléphonique ou une surveillance vidéo ne répondent pas à cette exigence.

Les six conditions s’appliquent simultanément. L’absence d’une seule d’entre elles signifie que le dentiste ne peut pas émettre l’ordonnance.

Contenu obligatoire de l’ordonnance individuelle

L’ordonnance individuelle destinée à une infirmière doit comprendre :

  • le nom du dentiste, son numéro de permis et ses coordonnées, y compris son numéro de téléphone;
  • les renseignements permettant d’identifier le patient;
  • la date de l’ordonnance et sa période de validité;
  • le plan de traitement précis, notamment les sites cartographiés, le produit prévu à chaque site et la quantité ou la dose à administrer;
  • le nom de l’infirmière ou du groupe d’infirmières autorisé à exécuter l’ordonnance et toute condition professionnelle pertinente;
  • le protocole de prise en charge des complications, y compris les coordonnées du dentiste et l’accès immédiat à la hyaluronidase lorsqu’un agent de comblement est administré;
  • les contre-indications, les conditions d’arrêt et les circonstances exigeant une communication immédiate avec le dentiste.

Évaluation avant chaque séance par l’infirmière

Après avoir reçu l’ordonnance individuelle, l’infirmière doit effectuer une évaluation avant chaque séance afin de confirmer qu’aucune contre-indication n’empêche le patient de recevoir les soins prescrits ce jour-là. Si cette évaluation révèle un changement dans l’état du patient, l’infirmière ne doit pas procéder et doit le diriger vers le dentiste prescripteur.

Pour une infirmière auxiliaire, la situation est plus restrictive. Comme elle ne peut pas évaluer de façon autonome l’état de santé du patient, le dentiste doit effectuer l’évaluation avant chaque séance et consigner au dossier que le patient peut recevoir les soins prescrits.

Dentiste du Québec examinant une ordonnance individuelle avant d’autoriser une infirmière à administrer un traitement injectable esthétique
Six conditions précises doivent être respectées avant qu’un dentiste puisse émettre une ordonnance individuelle à une infirmière pour l’administration de BoNT/A ou d’un agent de comblement au Québec.

L’exigence de présence sur place : ce que signifie « sur place » dans la pratique

L’obligation selon laquelle le dentiste prescripteur doit être « sur place » pendant l’exécution de l’ordonnance par une infirmière est l’un des aspects opérationnels les plus importants du guide de l’ODQ.

Le guide précise qu’avant d’émettre une ordonnance, le dentiste doit être sur place à l’endroit où elle sera exécutée. Cela signifie qu’il doit être physiquement présent à cet endroit pendant que l’infirmière administre le traitement.

Il ne s’agit pas d’un modèle de supervision à distance. Un dentiste qui rédige l’ordonnance puis quitte les lieux ne respecte pas l’exigence. Une disponibilité par téléphone ne suffit pas. Un dentiste qui se trouve dans un cabinet dentaire à un étage différent d’une clinique esthétique gérée séparément doit déterminer si cette organisation correspond réellement au sens de « lieu d’exercice » visé par le guide.

La conséquence pratique est importante : un dentiste ne peut pas exploiter un modèle de fort volume avec des infirmières injectrices dans plusieurs cliniques simultanément sans être présent à chacune. Cette exigence ne peut pas être écartée.

Elle répond à un objectif clinique. Les traitements injectables dans le champ dentaire comportent des risques de complications qui nécessitent l’évaluation et l’intervention rapides d’un praticien expérimenté. Une complication pendant une séance avec un agent de comblement administré par une infirmière exige l’accès immédiat au dentiste qui a prescrit le traitement et qui possède la formation requise pour gérer l’événement.

Exigences du cabinet dentaire : le lieu doit respecter les normes applicables

La FAQ de l’ODQ de septembre 2025 a confirmé ce que le guide laisse entendre : tout lieu où des traitements à la toxine botulinique de type A ou aux agents de comblement sont administrés selon l’ordonnance d’un dentiste doit respecter les mêmes normes qu’un cabinet dentaire en vertu du règlement applicable.

Le Règlement sur la tenue des cabinets et des dossiers et la cessation d’exercice des membres de l’Ordre des dentistes du Québec prévoit notamment des systèmes adéquats de gestion et de conservation des dossiers, une salle d’attente conforme, des pratiques appropriées d’asepsie et de prévention des infections, des mesures de protection de la confidentialité, une trousse d’urgence fonctionnelle et un défibrillateur.

Cette exigence influence directement le modèle d’affaires. Un dentiste ne peut pas offrir ces services dans un spa général, un salon de beauté, un espace commercial partagé ou tout autre établissement qui ne respecte pas les normes d’un cabinet dentaire. Le lieu doit être conforme avant que des traitements y soient offerts.

Tous les lieux où un dentiste fournit des services professionnels, y compris ceux qui ne constituent pas son cabinet principal, doivent être déclarés au tableau de l’ODQ. Les lieux non déclarés ne peuvent pas être utilisés pour offrir des services professionnels et les lieux déclarés peuvent faire l’objet d’une inspection.

Ce que le guide de l’ODQ ne couvre pas : traitements toujours à l’étude

Le guide traite de la toxine botulinique de type A et des agents de comblement. Il ne porte pas sur les autres traitements esthétiques du visage, et l’ODQ a expressément indiqué qu’il analysait la question de certaines autres interventions.

En date de juillet 2026, les interventions suivantes n’avaient pas été confirmées comme relevant du champ d’exercice de la médecine dentaire selon les directives de l’ODQ : le microneedling, les injections de plasma riche en plaquettes, les fils tenseurs, les traitements au laser, la lumière intense pulsée, la radiofréquence faciale et les peelings chimiques.

Le fait que ces interventions soient offertes dans des cliniques esthétiques aux côtés de traitements injectables ou qu’elles soient incluses dans certains programmes de formation ne crée pas une autorisation que l’ODQ n’a pas accordée. Les dentistes intéressés devraient surveiller odq.qc.ca et confirmer directement auprès de l’ODQ le statut de tout traitement qui n’est pas couvert par le guide de mars 2025.

Formation antérieure : que faire si vos cours existants ne répondent pas aux exigences du guide?

Plusieurs dentistes ont commencé à se former aux traitements injectables avant la publication du guide de l’ODQ, à une époque où aucun cadre progressif officiel n’existait. Le guide a prévu une situation transitoire pour certains de ces praticiens.

Les dentistes qui utilisaient déjà la toxine botulinique de type A à des fins thérapeutiques pour le bruxisme ou des conditions connexes avant la publication du guide pouvaient poursuivre temporairement leur pratique pendant qu’ils complétaient une formation conforme aux exigences du niveau 2. La période transitoire de 12 mois a pris fin en mars 2026. Les dentistes qui se trouvent encore dans cette situation devraient communiquer directement avec l’ODQ pour confirmer leur statut actuel.

Les dentistes ayant suivi une formation esthétique à la BoNT/A ou aux agents de comblement avant la publication du guide, mais dont la formation ne correspond pas aux contenus exigés, ne peuvent pas présumer qu’ils bénéficient de droits acquis. Ils doivent compléter une formation qui répond aux exigences du niveau applicable avant d’offrir ces services.

Ce risque concerne particulièrement les formations très courtes, les séances axées sur un produit ou les programmes internationaux qui ne traitent pas de l’ensemble des exigences québécoises. Une formation centrée uniquement sur la technique d’injection, sans contenu suffisant sur l’anatomie vasculaire, les complications, la documentation et le cadre professionnel, ne répond pas nécessairement aux attentes du guide.

Applications thérapeutiques : au cœur du champ dentaire

Les discussions sur les dentistes en médecine esthétique mettent souvent l’accent sur les rides ou l’augmentation des lèvres. Les applications thérapeutiques méritent une attention équivalente, puisqu’elles représentent souvent le point d’entrée le plus naturel et le plus défendable pour les dentistes.

Illustration des sites du masséter liés au traitement du bruxisme autorisé au niveau 2 de l’ODQ pour les dentistes du Québec
L’utilisation de la toxine botulinique de type A pour l’hypertrophie des masséters et le bruxisme est autorisée au niveau 2 et constitue une extension directe de la pratique thérapeutique dentaire existante.

Bruxisme et hypertrophie des masséters

Le bruxisme est une activité involontaire de serrement ou de grincement des dents pouvant causer de l’usure dentaire, des fractures, des changements occlusaux et de l’inconfort. Sa prise en charge relève traditionnellement de la médecine dentaire au moyen de plaques occlusales, d’éducation, de physiothérapie et d’autres approches conservatrices.

L’injection de toxine botulinique de type A dans les masséters et, selon l’indication, dans les temporaux peut réduire l’activité musculaire et contribuer à soulager certains symptômes liés au serrement parafonctionnel. Le volume musculaire peut aussi diminuer au fil de traitements répétés. Cette combinaison d’effets thérapeutiques et esthétiques secondaires se situe dans le champ du niveau 2.

Dysfonction temporomandibulaire

Les troubles temporomandibulaires peuvent toucher les muscles masticateurs, l’articulation ou les deux. La douleur myofasciale des masséters, des temporaux ou des ptérygoïdiens peut être importante. Les approches conservatrices aident plusieurs patients, mais pas tous.

L’utilisation de la toxine botulinique de type A dans la prise en charge de certaines douleurs myofasciales et dysfonctions temporomandibulaires relève du niveau 3 selon le guide de l’ODQ. Pour les dentistes qui suivent déjà des patients présentant ce type de plainte, cette modalité peut représenter un ajout thérapeutique pertinent lorsqu’elle est cliniquement indiquée et pratiquée dans les limites de la compétence.

Hyperhidrose

L’hyperhidrose palmaire est parfois traitée avec la toxine botulinique de type A. Un dentiste de niveau 3 pourrait se demander si cette intervention correspond à la catégorie relative à la douleur et aux dysfonctions myofasciales. Comme le lien avec le champ dentaire n’est pas clairement établi, une confirmation directe de l’ODQ est requise avant d’offrir ce service.

Sourire gingival

Le sourire gingival peut être traité par des injections ciblant certains muscles élévateurs de la lèvre supérieure. Cette condition possède une pertinence à la fois dentaire et esthétique. La technique relève du milieu du visage et s’inscrit donc dans le champ esthétique du niveau 3.

Obligations déontologiques des dentistes en médecine esthétique

Le Code de déontologie des dentistes s’applique à toutes les activités professionnelles du dentiste, y compris les services esthétiques injectables.

Compétence : le dentiste doit exercer uniquement dans les limites de sa formation et de sa compétence actuelles. Cela signifie traiter seulement au niveau complété, refuser les interventions qu’il ne maîtrise pas et ne pas traiter des régions ou utiliser des produits qui ne sont pas couverts par son niveau de formation.

Honnêteté et exactitude : le dentiste ne doit pas faire de déclarations trompeuses concernant sa formation, ses titres ou son autorisation. Il ne peut pas se présenter comme « injecteur certifié par l’ODQ » puisque cette certification n’existe pas. Une formulation exacte consiste à décrire la formation complétée et le niveau correspondant au guide de l’ODQ.

Indépendance professionnelle : les décisions cliniques doivent reposer sur les besoins du patient et non sur des incitatifs commerciaux. Toute entente qui influence le choix d’un produit, la fréquence d’un traitement ou le volume de patients au détriment du jugement professionnel peut compromettre cette indépendance.

Information au patient : le dentiste doit fournir une information juste sur la condition, le traitement, les risques et les solutions de rechange. Il ne doit pas créer de faux espoirs ni présenter des photographies avant et après comme une garantie de résultat.

Maintien des compétences : le dentiste doit actualiser ses connaissances, suivre l’évolution des données scientifiques et participer à des activités de formation continue pertinentes.

Indépendance professionnelle et commissions

L’interdiction des commissions et des avantages matériels susceptibles de compromettre l’indépendance professionnelle s’applique aux dentistes. Un dentiste ne peut pas accepter un avantage lié à l’orientation de patients vers un produit, un fournisseur ou un service précis lorsque cet avantage risque d’influencer son jugement clinique.

Dans le domaine esthétique, certaines ententes commerciales soulèvent des questions. Un approvisionnement gratuit conditionnel à un volume d’achat, un partage de revenus avec un investisseur non dentiste ou une structure qui récompense le surtraitement peuvent être problématiques.

Le principe demeure que les décisions concernant le traitement doivent être fondées sur les besoins cliniques du patient. Toute entente financière devrait être examinée pour déterminer si elle pourrait favoriser les revenus au détriment du bien-être du patient.

Publicité : ce que les dentistes peuvent et ne peuvent pas affirmer

Les règles publicitaires du Code de déontologie des dentistes s’appliquent à toutes les communications concernant les services esthétiques injectables, y compris les médias sociaux.

Pratiques interdites ou risquées :

  • prétendre détenir une certification ou une approbation de l’ODQ qui n’existe pas;
  • utiliser des comparaisons ou des superlatifs non vérifiables, comme « le meilleur » ou « le plus expérimenté »;
  • garantir un résultat ou présenter une photographie avant et après comme un résultat typique assuré;
  • annoncer un traitement qui se situe hors du champ autorisé;
  • utiliser des témoignages d’une façon qui crée des attentes irréalistes ou constitue une sollicitation insistante.

Approches permises et appropriées :

  • décrire avec exactitude la formation complétée et les traitements correspondant au niveau actuel;
  • utiliser des photographies avant et après avec le consentement requis et un avis précisant que les résultats varient;
  • présenter les bénéfices cliniques possibles de façon factuelle et scientifiquement prudente;
  • expliquer le fondement thérapeutique des traitements liés au bruxisme, aux troubles temporomandibulaires et aux conditions connexes.

Le dentiste demeure personnellement responsable de la conformité de la publicité concernant ses services, même si elle a été produite par un employé, une agence ou une société de gestion.

Confidentialité et tenue des dossiers

Le règlement sur les dossiers dentaires s’applique aux traitements esthétiques injectables comme à tous les autres services dentaires. Les dossiers doivent être tenus de la même manière conforme que les dossiers de médecine dentaire en général.

La Loi 25 impose notamment des obligations concernant la collecte, l’utilisation et la protection des renseignements personnels et de santé, la désignation d’un responsable de la protection des renseignements personnels, la gestion des incidents de confidentialité et l’évaluation des transferts de données à l’extérieur du Québec.

Les photographies avant et après constituent des renseignements personnels de santé sensibles. Un consentement écrit doit préciser chaque utilisation. Le consentement à la photographie pour le dossier clinique n’autorise pas automatiquement son utilisation en publicité, sur les médias sociaux, en formation ou à une autre fin non clinique. Chaque usage distinct exige un consentement précis.

Dentiste du Québec discutant de traitements esthétiques injectables avec un patient dans un environnement clinique professionnel
Les traitements esthétiques injectables peuvent représenter une possibilité pour les dentistes du Québec qui suivent un parcours conforme au guide de l’ODQ et maintiennent des systèmes cliniques rigoureux.

Les possibilités professionnelles pour les dentistes

Le cadre réglementaire décrit dans cet article définit les conditions d’une pratique conforme. Il ne constitue pas une promesse de résultats commerciaux. Dans ce cadre, les traitements injectables peuvent représenter une extension thérapeutique ou esthétique pour certains dentistes qui disposent de la formation, de l’infrastructure, de l’assurance et des systèmes cliniques requis.

Applications thérapeutiques et continuité des soins

Pour les dentistes qui souhaitent demeurer principalement en pratique dentaire tout en ajoutant des options thérapeutiques, la toxine botulinique de type A peut s’intégrer à la prise en charge de patients déjà suivis pour le bruxisme, le serrement, l’usure dentaire, les douleurs de la mâchoire ou certaines dysfonctions temporomandibulaires.

Ces patients ont déjà une relation clinique avec leur dentiste. Lorsque l’indication est appropriée et que le dentiste possède le niveau de formation requis, cette modalité peut s’ajouter au plan de soins existant sans transformer la pratique en clinique esthétique distincte.

Extension esthétique de la pratique

Les niveaux 2 à 4 permettent progressivement l’utilisation de la BoNT/A dans le haut, le milieu et le bas du visage ainsi que l’utilisation d’agents de comblement dans les régions autorisées. Cette progression peut permettre à certains dentistes d’ajouter des services esthétiques à leur pratique.

La demande, la concurrence, les habitudes de référence et la viabilité varient selon les régions. Un dentiste devrait évaluer son marché local, les besoins de sa patientèle, ses capacités opérationnelles et les coûts de conformité avant d’adopter un modèle d’affaires.

L’avantage d’intégration

Les dentistes disposent déjà d’une patientèle, d’un lieu clinique, de systèmes de dossiers, de protocoles de prévention des infections, de personnel formé et d’une relation de confiance avec leurs patients. L’ajout de services injectables peut donc représenter une intégration à une infrastructure existante plutôt qu’un démarrage complet.

Les traitements du sourire gingival, du bruxisme et de certaines préoccupations périorales sont aussi liés à l’identité buccodentaire et à l’image de soi, des sujets qui s’inscrivent naturellement dans la relation dentiste-patient.

Le cadre interordres de 2026 : ce que les dentistes devraient surveiller

L’initiative conjointe annoncée en novembre 2025 par le CMQ, l’ODQ, l’OIIQ et l’OIIAQ vise à établir des paramètres communs pour les soins médico-esthétiques. Une fois publié, ce cadre pourrait influencer certains aspects de la pratique des dentistes.

Il pourrait clarifier les conditions de présence sur place lors des séances effectuées par une infirmière, les protocoles de collaboration entre le dentiste prescripteur et l’infirmière, les normes de documentation interprofessionnelle et, éventuellement, le statut d’autres traitements que l’ODQ analyse encore.

Il ne faut toutefois pas présumer que le cadre élargira automatiquement le champ de la médecine dentaire, réduira les exigences des quatre niveaux, éliminera l’obligation de présence sur place ou diminuera les responsabilités cliniques prévues au guide de 2025.

Les dentistes devraient consulter régulièrement odq.qc.ca afin de suivre les publications officielles, les mises à jour du guide et toute nouvelle position concernant les traitements non couverts.

Dre Angelina Guzzo dirigeant une formation en petit groupe destinée aux dentistes à l’Académie AMEQ à Montréal
L’Académie AMEQ offre aux dentistes une formation en petit groupe axée sur l’anatomie faciale, la planification clinique et l’encadrement direct par l’instructrice.

Consultez le parcours de formation à la toxine botulinique de type A destiné aux dentistes du Québec de l’Académie AMEQ, comprenant la théorie en ligne de l’étape 1 et la formation pratique supervisée de l’étape 2.

Comment choisir une formation en traitements injectables pour dentistes

Les programmes de formation ne sont pas tous équivalents. Les exigences du guide de l’ODQ fournissent une base d’évaluation, mais elles décrivent un contenu minimal et non nécessairement le programme pédagogique idéal.

Une formation de qualité devrait comprendre :

  • une anatomie faciale qui approfondit les muscles, les nerfs, les vaisseaux et les zones à risque propres aux régions de traitement autorisées;
  • une pharmacologie de la toxine botulinique de type A couvrant le mécanisme d’action, le début et la durée d’effet, la diffusion et les relations dose-réponse;
  • aux niveaux pertinents, une formation sur les agents de comblement couvrant la pharmacologie, la rhéologie, le comportement tissulaire, la sélection du produit, les risques vasculaires et la prise en charge des complications;
  • une méthode d’évaluation et de sélection des patients, notamment les contre-indications, les attentes réalistes et la reconnaissance des patients qui ne sont pas de bons candidats;
  • une pratique supervisée sur modèles vivants avec rétroaction directe pour les techniques correspondant au niveau suivi;
  • une formation approfondie sur la reconnaissance et la prise en charge des complications, dont l’occlusion vasculaire et l’utilisation urgente de la hyaluronidase au niveau 4;
  • le contexte réglementaire québécois, y compris le guide de l’ODQ, la présence sur place, les normes du cabinet dentaire et les conditions liées à l’ordonnance individuelle.

L’Académie AMEQ offre une formation en traitements injectables destinée aux dentistes à Montréal et à Saint-Sauveur, sous la direction de la Dre Angelina Guzzo, BSc, PhD, MDCM, FRCPC. La Dre Guzzo est spécialiste en anesthésiologie depuis 2006, exerce la médecine esthétique depuis 2014 et enseigne au niveau universitaire depuis 1988. Les programmes sont conçus en tenant compte des exigences décrites dans le guide de l’ODQ et comprennent des modules d’anatomie, des composantes pratiques supervisées sur modèles vivants et un volet sur le cadre professionnel québécois. L’AMEQ intègre aussi à l’étape 1 des notions de base et avancées sur les agents de comblement, l’acide hyaluronique et la prise en charge des complications afin de préparer les participants aux niveaux 3 et 4. Ce contenu additionnel constitue un choix pédagogique de l’AMEQ et non une exigence du niveau 1 de l’ODQ.

La réussite d’une formation de l’Académie AMEQ ne constitue ni une certification ni une approbation de l’ODQ, puisque cette certification n’existe pas. Chaque dentiste demeure responsable de comparer le programme au guide en vigueur et de confirmer directement auprès de l’ODQ, de son assureur et, au besoin, d’un conseiller juridique que le parcours choisi répond aux exigences applicables. Pour obtenir les renseignements actuels sur le programme, écrivez à education@cliniqueag.ca ou téléphonez au (514) 574-4636.

Liste de vérification avant de traiter votre premier patient

  • Vous avez complété le niveau 1 couvrant les contenus exigés par l’ODQ en anatomie, examen, BoNT/A, gestion des risques, photographie calibrée, documentation et suivi.
  • Vous comprenez que la théorie sur les agents de comblement n’est pas une exigence minimale du niveau 1 de l’ODQ et que tout contenu ajouté à ce stade constitue une préparation supplémentaire.
  • Vous avez complété le niveau 2 et commencerez uniquement dans le champ du niveau 2.
  • Vous n’offrirez pas de traitements de niveau 3 ou 4 avant d’avoir atteint les seuils de patients requis et complété la formation correspondante.
  • Tous vos lieux d’exercice ont été déclarés à l’ODQ et respectent les normes du cabinet dentaire, notamment la présence d’une trousse d’urgence et d’un défibrillateur.
  • Votre assureur a confirmé que votre couverture comprend les traitements esthétiques et thérapeutiques injectables ainsi que votre structure de pratique.
  • Vous avez un système pour effectuer et documenter l’examen en personne, le diagnostic, le plan cartographié et les doses pour chaque patient.
  • Vous disposez d’un processus de consentement libre et éclairé par écrit.
  • La hyaluronidase est immédiatement accessible, correctement entreposée et non périmée dans tout lieu où des agents de comblement sont administrés.
  • Vous avez des protocoles d’urgence pour l’anaphylaxie et l’occlusion vasculaire.
  • Lorsque vous émettez une ordonnance à une infirmière, les six conditions du guide sont respectées, y compris votre présence sur place.
  • Vous avez lu le guide complet de l’ODQ, les modifications de juin 2025 et la FAQ de septembre 2025.

Foire aux questions

Les dentistes du Québec peuvent-ils administrer de la toxine botulinique de type A?

Oui, dans les régions anatomiques et aux niveaux cliniques correspondant au parcours de formation de l’ODQ qu’ils ont complété, sous réserve de leur compétence, de l’évaluation propre au patient, du plan de traitement, du consentement, de la documentation et des exigences liées au lieu de pratique. Une formation privée ne constitue pas une approbation de l’ODQ.

La théorie sur les agents de comblement est-elle exigée au niveau 1 de l’ODQ?

Non. Le niveau 1 porte principalement sur l’anatomie, l’examen, la toxine botulinique de type A, la sécurité, la documentation, la photographie et le suivi. L’AMEQ ajoute des notions sur les agents de comblement à l’étape 1 comme préparation supplémentaire aux niveaux 3 et 4.

À quel moment un dentiste du Québec peut-il utiliser des agents de comblement?

L’utilisation clinique des agents de comblement relève du niveau 4, après la progression et les seuils d’expérience requis. Le traitement doit demeurer limité aux régions autorisées, à la compétence du dentiste, aux directives actuelles de l’ODQ et au plan propre au patient.

Un dentiste peut-il émettre une ordonnance à une infirmière pour des injections esthétiques?

Oui, mais seulement lorsque toutes les conditions de l’ODQ sont respectées. Celles-ci comprennent l’examen, le diagnostic, la cartographie et les doses, la vérification de l’habilitation et de la compétence de l’infirmière, le respect du niveau du dentiste et sa présence physique sur place.

L’ODQ approuve-t-il ou certifie-t-il les fournisseurs de formation?

Non. L’ODQ définit les exigences de contenu, mais ne certifie ni n’approuve à l’avance les fournisseurs privés. Chaque dentiste doit comparer le programme au guide en vigueur et confirmer les exigences directement auprès de l’ODQ.

Le microneedling, le PRP, les lasers ou les fils tenseurs sont-ils couverts par le guide de 2025?

Le guide de 2025 porte sur la toxine botulinique de type A et les agents de comblement. En date de la révision de juillet 2026, les autres interventions mentionnées n’avaient pas été confirmées comme faisant partie du champ autorisé. Une confirmation actuelle de l’ODQ est requise avant de les offrir.

Sources officielles de l’ODQ

Avis de responsabilité professionnelle

Cet article fournit de l’information éducative sur le cadre réglementaire applicable aux dentistes en médecine esthétique au Québec. Il ne constitue pas un avis juridique, une interprétation officielle de l’ODQ ni une autorisation d’effectuer une intervention.

L’information reflète les sources officielles examinées jusqu’en juillet 2026, notamment le Guide sur l’utilisation des toxines botuliques de type A (BoNT/A) et des agents de comblement de l’ODQ du 27 mars 2025, les modifications du 26 juin 2025, la FAQ du 29 septembre 2025 et le communiqué conjoint du CMQ, de l’ODQ, de l’OIIAQ et de l’OIIQ du 28 novembre 2025.

Les règlements et les directives professionnelles peuvent changer. L’analyse de l’ODQ concernant le microneedling, le PRP et d’autres traitements esthétiques non injectables était toujours en cours en juillet 2026. Le cadre interordres annoncé en novembre 2025 devait être publié au cours de 2026. Les dentistes doivent confirmer les exigences actuelles directement auprès de l’ODQ et de leur assureur en responsabilité professionnelle avant d’offrir ou d’élargir ces services.

Préparé par l’Académie AMEQ. Révisé et approuvé par la Dre Angelina Guzzo, BSc, PhD, MDCM, FRCPC. La Dre Guzzo est spécialiste en anesthésiologie depuis 2006, exerce la médecine esthétique depuis 2014 et enseigne au niveau universitaire depuis 1988. Publié le 13 juillet 2026. Mis à jour le 17 juillet 2026.

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