Points clés à retenir pour les dentistes du Québec
Au Québec, les dentistes peuvent administrer des injections de toxine botulique A et, au niveau 4, des traitements à base d’agents de comblement, uniquement dans le cadre progressif de l’ODQ. Ce parcours comprend une formation théorique de niveau 1, une formation clinique supervisée, des évaluations de l’expérience patient, un examen et une planification personnalisés, ainsi que des exigences strictes lorsque le traitement est administré par une infirmière. La formation ne constitue pas une approbation de l’ODQ ni une autorisation automatique.
Document de référence à l’intention des dentistes du Québec qui envisagent ou pratiquent déjà des injections de toxine botulique A et de produits de comblement dermique. Cet article ne constitue pas un avis juridique, une interprétation officielle de l’ODQ ni une autorisation de pratiquer une quelconque intervention. Veuillez toujours vérifier les exigences en vigueur auprès de l’ODQ, de votre assureur en responsabilité professionnelle et d’un conseiller juridique qualifié avant d’offrir ou de modifier ces services.
La publication, en mars 2025, du guide de l’Ordre des dentistes du Québec sur la toxine botulique A (BoNT/A) et les produits de comblement a marqué le changement officiel le plus important apporté au champ d’exercice de la dentisterie au Québec depuis des décennies. Pour la première fois, les dentistes québécois disposaient d’un cadre clair et officiel pour offrir des traitements esthétiques injectables, avec des exigences de formation spécifiques, des niveaux d’autorisation progressifs et des obligations explicites.
Ce guide, mis à jour en juin 2025 et complété par une FAQ en septembre 2025, a suscité un vif intérêt au sein de la communauté dentaire québécoise. Il a également engendré une certaine confusion, des exagérations de la part des organismes de formation et plusieurs questions auxquelles le guide lui-même ne répond pas, partiellement ou totalement.
Cet article examine en détail le cadre de l’ODQ: ce qu’il confirme et ce qu’il ne confirme pas, les exigences des quatre niveaux de formation et la progression entre eux, ce qui doit se produire lors de chaque rencontre avec un patient, les obligations du dentiste sur place, le fonctionnement de la collaboration avec les infirmières injectrices dans le cadre actuel, la signification de la distinction thérapeutique versus esthétique pour le champ d’exercice et les perspectives de marché pour les dentistes qui entrent dans ce domaine avec une préparation adéquate.
L’article aborde également certains aspects du contexte actuel que les organismes de formation occultent parfois : les limites du champ d’application du guide ODQ, les traitements qui ne sont pas encore autorisés pour les dentistes et les obligations professionnelles qui s’appliquent indépendamment de l’enthousiasme commercial suscité par le domaine.

Pourquoi les dentistes ont une prédisposition naturelle pour l’esthétique injectable
Avant d’aborder le cadre réglementaire, il convient d’indiquer clairement pourquoi le guide de l’ODQ est pertinent sur le plan professionnel, car le lien entre la dentisterie et l’esthétique faciale injectable n’est pas arbitraire.
Les dentistes passent toute leur carrière professionnelle à travailler dans l’une des régions les plus complexes du corps humain sur le plan anatomique. La musculature faciale, la distribution du nerf trijumeau, l’anatomie vasculaire du visage et de la mâchoire, les structures osseuses de la mandibule et du maxillaire, l’articulation temporo-mandibulaire et les groupes musculaires qui l’entourent, les tissus intra-oraux et péri-oraux, ainsi que la relation entre la fonction orale et la structure faciale constituent tous des domaines fondamentaux de la formation dentaire.
De plus, les dentistes sont parmi les praticiens les plus expérimentés en matière d’injections. Chaque bloc anesthésique local administré par un dentiste, qu’il s’agisse d’un bloc du nerf alvéolaire inférieur, d’un bloc du nerf mentonnier, d’une infiltration buccale ou d’une injection palatine, a nécessité un placement précis de l’aiguille dans une zone anatomiquement sensible, en portant une attention particulière aux structures vasculaires, à la réaction du patient et au risque d’effets indésirables. L’assurance clinique et la précision technique qui sous-tendent une pratique esthétique injectable de qualité sont des atouts que les dentistes développent tout au long de leur carrière.
Les applications thérapeutiques sont encore plus directement liées. La toxine botulique A, utilisée pour traiter le bruxisme et les dysfonctionnements temporo-mandibulaires, s’inscrit pleinement dans le champ d’expertise traditionnel de la dentisterie. La prise en charge de l’hyperactivité des masséters, la réduction du serrement des dents, le traitement des douleurs myofasciales des muscles masticateurs et de certaines formes de troubles temporo-mandibulaires sont autant d’affections que les dentistes évaluent et traitent déjà. L’ajout de la toxine botulique A comme modalité de traitement pour ces affections constitue un prolongement naturel de la pratique thérapeutique existante, et non une rupture avec celle-ci.
Le guide ODQ 2025 reconnaît explicitement ce lien. Le parcours de formation de niveau 2 aborde à la fois les applications esthétiques du haut du visage et les applications thérapeutiques pour le bruxisme et les affections connexes, car les connaissances fondamentales en anatomie et en technique se recoupent largement.

Ce que le guide de l’ODQ de mars 2025 a vraiment établi
L’Ordre des dentistes du Québec a publié son guide le 27 mars 2025. Ce guide a été modifié le 26 juin 2025, avec des changements apportés à certaines pages. Une FAQ répondant aux questions des membres a été publiée le 29 septembre 2025. Ces trois documents constituent ensemble le cadre réglementaire actuel régissant la pratique des injections dentaires au Québec.
Ce guide établit, pour la première fois au Québec, une voie d’autorisation officielle permettant aux dentistes d’utiliser la toxine botulique de type A (BoNT/A) et les produits de comblement (produits de comblement cutané) à des fins esthétiques et thérapeutiques, dans le cadre de leur pratique dentaire. Les directives sont entrées en vigueur dès leur publication.
Avant d’aborder les conclusions du guide, il convient de préciser sa nature. Il s’agit d’une directive de pratique de l’Ordre des dentistes du Québec. Ce n’est ni une loi ni un règlement adopté par l’Assemblée nationale. Elle représente la position officielle de l’ODQ quant à ce qui relève du champ de compétences des dentistes québécois dans ce domaine, et son respect est une condition d’exercice de la profession en règle. Les organismes de formation qui la qualifient de « nouvelle loi » utilisent un langage inexact, même si, en pratique, une directive de l’ODQ a des conséquences comparables en matière d’obligations professionnelles.
Ce guide ne certifie ni n’approuve aucun organisme de formation ni aucun programme de formation. Toute déclaration d’un organisme de formation affirmant que son cours est « certifié ODQ », « approuvé ODQ » ou équivalent est inexacte, car l’ODQ ne certifie ni n’approuve les programmes de formation dans ce domaine. L’ODQ définit les exigences en matière de contenu; il incombe à chaque dentiste de choisir une formation dont le contenu répond à ces exigences et de s’en assurer lui-même.
Ce que le guide confirme
Les dentistes du Québec qui complètent le parcours de formation défini par l’ODQ peuvent utiliser la toxine botulique A à des fins esthétiques et thérapeutiques dans les régions anatomiques et aux niveaux cliniques correspondant à leur niveau de formation complété.
Les dentistes du Québec qui complètent le parcours de formation de niveau 4 peuvent utiliser des agents de remplissage cutané (agents de remplissage) à des fins esthétiques et thérapeutiques dans les régions autorisées.
Un dentiste ayant suivi la formation requise peut délivrer une ordonnance individuelle à un autre professionnel de la santé autorisé (y compris une infirmière autorisée ou une infirmière auxiliaire) pour administrer ces traitements, sous réserve des conditions décrites plus loin dans cet article.
Ce que le guide ne confirme pas
Le guide n’autorise pas les dentistes à offrir tous les traitements esthétiques du visage disponibles dans les cliniques médico-esthétiques. Plus précisément, interrogée en septembre 2025 sur la possibilité pour les dentistes de pratiquer le microneedling, la photomodulation et les traitements similaires, l’ODQ a indiqué qu’elle analysait la question et qu’elle y répondrait ultérieurement. En juillet 2026, l’ODQ n’avait toujours pas confirmé sa position concernant le microneedling, le plasma riche en plaquettes (PRP), les fils tenseurs, les traitements laser, la lumière pulsée intense, la radiofréquence ou toute autre procédure esthétique du visage non injectable ou utilisant l’énergie. Ces traitements ne sont pas autorisés par le guide de 2025 et ne doivent pas être proposés en supposant que l’autorisation du guide s’étend à eux.
Le guide n’établit pas que la réalisation de ces traitements dans son cadre constitue un exercice de la médecine. La médecine esthétique est définie par le CMQ comme un acte médical. Les dentistes exerçant dans le cadre du guide de l’ODQ agissent dans les limites de leur champ de compétences tel que défini par leur ordre, et non en tant que praticiens de la médecine. La supervision réglementaire et l’autorité disciplinaire relèvent de l’ODQ et non du CMQ.
Ce guide ne réduit ni n’élimine aucune des obligations professionnelles existantes d’un dentiste. Toutes les obligations prévues par la Loi sur les dentistes, le Code de déontologie des dentistes, le Règlement sur les normes des cabinets dentaires et le Code des professions demeurent pleinement applicables.
Le parcours de formation progressive à quatre niveaux: exigences et autorisations de chaque niveau
Le guide ODQ structure l’enseignement des produits dentaires injectables en quatre niveaux progressifs. Cette progression est intentionnelle: chaque niveau s’appuie sur le précédent, et les seuils d’expérience clinique entre les niveaux reflètent l’évaluation par l’ODQ de ce qui est nécessaire avant d’élargir la portée.
Aucun niveau ne peut être ignoré, peu importe l’expérience antérieure, le niveau de confiance ou l’exhaustivité de la formation suivie avant la publication du guide. Un dentiste ayant suivi une formation aux injections il y a plusieurs années et utilisant la toxine botulique A à des fins thérapeutiques sans parcours de formation formel conforme aux exigences de l’ODQ n’est pas automatiquement au niveau 3 ou 4. Son niveau correspond à sa formation et à son expérience clinique conformes au cadre du guide.
Niveau 1: Connaissances fondamentales
Le niveau 1 constitue le prérequis théorique pour les niveaux pratiques ultérieurs. Il ne permet pas la prise en charge des patients. Conformément au guide ODQ, le niveau 1 est entièrement théorique, d’une durée minimale de 16 heures, et porte sur l’anatomie de la tête et du cou, l’examen clinique, l’injection de toxine botulique A, les règles de sécurité, la documentation et le suivi, compétences essentielles avant d’entamer la formation clinique.
Le contenu du niveau 1 de l’ODQ comprend l’anatomie de la tête et du cou, notamment l’articulation temporo-mandibulaire, la peau, les muscles, le système nerveux et le système vasculaire; les processus et les stades du vieillissement du visage et du cou; l’examen buccal complet à des fins thérapeutiques et l’examen des tissus adjacents impliqués dans le traitement esthétique à la toxine botulique A; les méthodes d’identification des structures osseuses et musculaires, y compris la palpation et le marquage; l’identification des sites et des techniques d’injection; l’évaluation continue de l’efficacité du traitement et le suivi du patient; la photographie clinique calibrée; l’intégration de la toxine botulique A dans les plans de traitement de santé buccodentaire; les indications et les contre-indications du traitement esthétique extra-oral à la toxine botulique A; les risques liés au traitement; et la gestion des complications possibles.
Le guide ODQ n’exige pas que le niveau 1 aborde la pharmacologie des produits de comblement dermique, leur rhéologie ou la théorie de l’acide hyaluronique. Son programme de niveau 3 présente les agents de comblement, tandis que le niveau 4 traite des produits de comblement avancés et de leur utilisation clinique. L’AMEQ Académie adopte une approche pédagogique plus large dès la première étape en intégrant dans son programme en ligne les théories fondamentales et avancées des produits de comblement dermique, les principes de l’acide hyaluronique, ainsi que la reconnaissance et la prise en charge des complications liées à leur utilisation. Cette formation initiale en ligne offre aux dentistes une ressource de référence qu’ils peuvent consulter avant d’aborder les modules magistraux des niveaux 3 et 4. Il s’agit d’un choix pédagogique de l’AMEQ, et ce choix ne doit pas être considéré comme une exigence, une certification, une approbation ou un agrément du niveau 1 de l’ODQ.
Niveau 2: Esthétique du haut du visage et prise en charge thérapeutique du bruxisme
Le niveau 2 est le niveau d’entrée pour le traitement des patients par la toxine botulique A. Il autorise simultanément deux domaines cliniques, reflétant leur fondement anatomique commun.
Les applications esthétiques de niveau 2 concernent la partie supérieure du visage: la glabelle (muscles procerus et corrugateur), le muscle frontal (rides du front) et la région périoculaire (muscle orbiculaire des yeux, y compris le traitement des pattes d’oie et la correction de la position des sourcils). Ce sont les zones où le volume de traitements esthétiques par toxine botulique de type A (BoNT/A) est le plus élevé et le point de départ de la pratique esthétique.
Les applications thérapeutiques de niveau 2 comprennent la gestion du bruxisme (hypertrophie massétérine, serrement parafonctionnel et douleurs liées à la mâchoire) et des dysfonctionnements temporo-mandibulaires associés pour lesquels la toxine botulique A constitue une option thérapeutique cliniquement appropriée dans le domaine dentaire.
Après avoir suivi la formation de niveau 2 et commencé à traiter des patients, l’ODQ recommande un délai d’attente d’environ six mois avant de passer à la formation de niveau 3. Ce délai est recommandé et non obligatoire. Il permet au dentiste d’observer les résultats du traitement au fil de son évolution naturelle, de gérer les complications éventuelles et d’approfondir son expérience clinique des procédures à son niveau actuel avant d’élargir son champ de compétences.
Les programmes de formation offrant les contenus de niveau 2 et 3 dans un seul cours intensif ne sont pas conformes à l’esprit du guide ODQ, car la période d’observation de six mois ne peut avoir lieu au sein d’une même formation. Les dentistes doivent évaluer la structure des programmes de formation en fonction de l’esprit du guide et de ses exigences spécifiques.
Niveau 3: Zones médiane et inférieure du visage, cou et thérapies étendues
Avant de pouvoir accéder à la formation de niveau 3, un dentiste doit démontrer qu’il a traité au moins 20 patients avec de la toxine botulique A dans le cadre de la pratique de niveau 2.
Précision importante apportée par la modification du guide de l’ODQ de juin 2025 et la FAQ de septembre 2025: ce seuil de 20 patients s’applique à l’ensemble des catégories de traitement de niveau 2. Il ne s’agit pas de 20 patients pour les traitements esthétiques du haut du visage et de 20 patients distincts pour les traitements du bruxisme. Le minimum requis est de 20 patients pour toutes les catégories de niveau 2 spécifiées.
Le niveau 3 étend le champ d’application de la toxine botulique A au milieu et au bas du visage ainsi qu’au cou, notamment: le milieu du visage (zygomatique, risorius, buccinateur et muscles associés); le bas du visage (mentonnier, abaisseur de l’angle de la bouche, abaisseur de la lèvre inférieure, bandes platysmales et muscles péri-oraux, y compris l’orbiculaire de la bouche); le cou (platysma); et des applications thérapeutiques, notamment la gestion de la douleur et le dysfonctionnement myofascial, au-delà de l’indication de base du bruxisme établie au niveau 2.
Ces zones de traitement présentent une complexité anatomique plus importante. Le bas du visage et la région périorale comprennent un réseau dense de vaisseaux, de nerfs et de muscles qui nécessitent une technique plus précise et des connaissances anatomiques plus approfondies que pour les traitements du haut du visage. Le niveau 3 n’est pas une progression naturelle pour les praticiens qui n’ont pas complètement consolidé leurs acquis cliniques de niveau 2.
Niveau 4: Agents de comblement cutané
Avant d’accéder à la formation de niveau 4, le dentiste doit avoir traité au moins 20 patients avec de la toxine botulique A dans le cadre de la pratique de niveau 3, c’est-à-dire les catégories de traitement combinées du milieu et du bas du visage, du cou, de la douleur et du dysfonctionnement myofascial.
Le niveau 4 autorise l’utilisation d’agents de comblement cutané (agents de comblement incluant non seulement les produits à base d’acide hyaluronique, mais aussi d’autres agents de comblement approuvés par la FDA et Santé Canada, le cas échéant). Les zones autorisées pour l’utilisation de ces agents au niveau 4 comprennent celles relevant du domaine dentaire, actuellement limité aux lèvres et au sillon nasogénien.
Les produits de comblement cutané présentent un profil de risque différent de celui de la toxine botulique A. L’injection intravasculaire d’acide hyaluronique peut provoquer une occlusion vasculaire immédiate ou retardée, entraînant une nécrose tissulaire. L’antidote, l’hyaluronidase, doit être immédiatement disponible lors des injections. Cette exigence est impérative pour la sécurité du patient et doit être respectée avant toute séance de traitement de niveau 4.
La formation de niveau 4 doit comprendre: la pharmacologie et la physicochimie des produits de comblement; les techniques d’injection appropriées à chaque zone de traitement; la reconnaissance et la prise en charge d’urgence des complications vasculaires liées à l’injection de produits de comblement; l’administration d’hyaluronidase comme antidote; l’évaluation et la sélection des patients pour les traitements de comblement; et la reconnaissance des contre-indications spécifiques à l’utilisation des produits de comblement.

Étapes préalables à la prise en charge d’un patient: le parcours clinique complet
Le guide ODQ est strict quant à la procédure à suivre avant qu’un dentiste puisse administrer des traitements esthétiques injectables à un patient, ou autoriser un autre professionnel à le faire. Chaque consultation doit respecter un protocole clinique précis.
Examen clinique
Le dentiste doit procéder à un examen clinique approfondi, adapté au problème esthétique ou thérapeutique visé. En médecine esthétique, cet examen doit comprendre: un examen des antécédents médicaux et dentaires pertinents du patient; la documentation des médicaments, suppléments alimentaires et traitements antérieurs en cours, pertinents pour l’intervention prévue; une évaluation de l’anatomie du patient dans les zones de traitement ciblées; l’identification de toute contre-indication au traitement ou au produit proposé; et une évaluation des objectifs et des attentes esthétiques du patient.
L’examen doit être fait en personne. Contrairement à la réglementation du CMQ, le guide de l’ODQ n’aborde pas explicitement la télémédecine dans les mêmes termes. Toutefois, l’obligation de procéder à un examen et d’établir un diagnostic relève intrinsèquement de l’évaluation clinique en personne. Un examen réalisé au moyen de photographies ou de vidéos ne peut satisfaire aux exigences cliniques décrites dans le guide.
Diagnostic
Après l’examen, le dentiste doit établir un diagnostic. Ce diagnostic définit l’indication clinique du traitement. Pour les interventions esthétiques, cela implique l’évaluation clinique par le dentiste de l’anatomie du patient, l’identification de l’affection à traiter (par exemple, rides dynamiques du front, hypertrophie des masséters associée au bruxisme ou perte de volume périoral) et la vérification que le traitement proposé est cliniquement approprié à la situation spécifique du patient.
Cette étape diagnostique n’est pas une simple formalité. L’ODQ exige que les dentistes exercent leur profession conformément à leur formation et à leurs compétences à chaque niveau. Un dentiste qui ne possède pas la formation ou le jugement clinique nécessaires pour établir un diagnostic précis avant de traiter n’exerce pas dans le cadre de ses compétences autorisées.
Plan de traitement avec cartographie des injections et des doses
Suite au diagnostic, le dentiste doit établir un plan de traitement écrit. Pour les traitements injectables, les exigences du guide relatives à la prescription à une infirmière précisent que le plan doit comprendre une cartographie précise des sites d’injection et les doses à administrer à chaque site. Un plan de traitement se contentant d’indiquer « traiter la glabelle avec de la toxine botulique de type A (BoNT/A) » sans préciser les points d’injection ni les unités n’est pas suffisant pour prescrire un traitement individuel à une infirmière et ne doit pas non plus être considéré comme suffisant pour le dentiste lui-même.
La précision du repérage des points d’injection est essentielle à la sécurité du patient. Elle permet d’éviter l’ajout de sites non autorisés pendant le traitement, garantit une documentation précise de celui-ci et sert de base à l’évaluation des résultats lors du suivi.
Consentement éclairé par écrit
Avant tout traitement, le patient doit fournir un consentement éclairé écrit. Ce consentement doit être obtenu par le dentiste et non délégué au personnel de la clinique. Le patient doit recevoir, comprendre et accepter les renseignements suivants: la nature et l’objectif du traitement proposé; les produits spécifiques qui seront utilisés; les résultats escomptés et leur durée; les effets secondaires possibles, y compris les risques fréquents, peu fréquents et rares; les risques spécifiques liés aux injections au niveau du visage, notamment l’infection, les ecchymoses, l’asymétrie, la ptose et les complications vasculaires; les solutions de rechange au traitement proposé; les conséquences de l’absence de traitement; l’absence de garantie de résultat; les modalités du suivi; et le coût du traitement.
Pour les patients présentant des affections systémiques susceptibles d’interagir avec un traitement injectable, la procédure de consentement doit aborder spécifiquement ces interactions et les précautions prises.
Exécution du traitement ou commande individuelle
Si le dentiste administre personnellement le traitement, le parcours clinique passe directement du consentement au traitement, à la documentation et au suivi.
Si le dentiste donne une consigne individuelle à une infirmière, des étapes supplémentaires s’appliquent et sont décrites dans la section ci-dessous concernant les consignes données aux infirmières.
Documentation et suivi post-traitement
Chaque séance de traitement doit être consignée dans le dossier médical du patient. Cette documentation doit comprendre: la date et le type de traitement; les produits utilisés, les zones traitées et les quantités administrées à chaque zone; l’état du patient avant et après le traitement; tout événement indésirable ou observation inhabituelle; le nom et la signature du dentiste; et toute communication avec le patient ou d’autres professionnels.
Le dentiste doit aussi s’assurer qu’un suivi est organisé pour le patient. Cela comprend l’information du patient sur le déroulement prévu de la convalescence, les effets indésirables à surveiller, la manière de contacter la clinique en cas de changement et la date du prochain rendez-vous de suivi pour évaluer les résultats.
L’ordonnance individuelle: quand les dentistes peuvent autoriser les infirmières à administrer des traitements
L’un des aspects opérationnels importants du guide 2025 de l’ODQ est sa confirmation explicite qu’un dentiste peut délivrer une ordonnance individuelle à un autre professionnel de la santé agréé pour administrer des traitements BoNT/A et de comblement dans le cadre autorisé du dentiste.
En pratique, il s’agit le plus souvent d’une infirmière diplômée. Une infirmière auxiliaire peut également être autorisée à administrer des substances injectables sur ordonnance individuelle, mais avec d’importantes restrictions supplémentaires liées à son champ de compétences (elle ne peut pas évaluer l’état de santé du patient de manière indépendante, le dentiste devant donc effectuer l’évaluation préalable à la séance).
Les six conditions pour donner un ordre à une infirmière
Les modifications apportées en juin 2025 à la page 8 du guide ODQ précisent les conditions qui doivent toutes être remplies avant qu’un dentiste puisse prescrire individuellement ces traitements à un autre professionnel de la santé. Il ne s’agit pas de suggestions: les six conditions doivent absolument être réunies.
Premièrement: le dentiste doit avoir effectué un examen clinique, établi un diagnostic et élaboré un plan de traitement comprenant une cartographie précise des sites d’injection et des doses spécifiques.
Deuxièmement: le dentiste doit s’assurer que le professionnel visé par l’ordonnance est en règle (habilité) pour les activités réservées de sa profession. Plus précisément, l’infirmier(ère) visé(e) doit être autorisé(e), conformément aux règles de son ordre professionnel, à exercer les actes prescrits. Un dentiste ne peut prescrire un acte à une personne non réglementée, à un esthéticien ou à toute personne qui n’est pas un professionnel de la santé réglementé exerçant l’activité réservée en question dans son champ de compétences.
Troisièmement: le dentiste doit s’assurer que le professionnel a la formation requise pour les interventions prescrites. Cela implique de vérifier que l’infirmier(ère) a bien reçu une formation sur les interventions prescrites, que cette formation est à jour et qu’il/elle est compétent(e) pour les réaliser en toute sécurité.
Quatrièmement: le dentiste doit s’assurer que les interventions prescrites ne dépassent pas ses compétences et sa formation. Il ne s’agit pas simplement de demander à l’assistante si elle se sent à l’aise. Le dentiste doit s’assurer que l’assistante possède une formation et une expérience avérées concernant les interventions prescrites.
Cinquièmement: le dentiste doit s’assurer que les interventions prescrites ne dépassent pas son niveau de compétence actuel. Un dentiste de niveau 2 ne peut prescrire d’interventions de niveau 3 ou 4. Un dentiste ayant suivi une formation de niveau 3 mais n’ayant pas encore traité les 20 patients requis pour passer au niveau supérieur est considéré comme étant de niveau 3 en ce qui concerne son propre pouvoir décisionnel, mais cette limite s’applique également aux tâches qu’il peut confier à une infirmière. Le dentiste ne peut prescrire d’interventions qu’il ne serait pas habilité à faire lui-même.
Sixièmement: Le dentiste doit être présent sur les lieux, au cabinet où l’intervention sera effectuée. « Sur place » signifie physiquement présent sur les lieux. Il ne doit pas se trouver dans un cabinet dentaire à proximité, être joignable par téléphone ou par vidéoconférence. Il doit être physiquement présent à l’endroit précis où l’infirmière administrera l’injection.
Les six conditions doivent être remplies simultanément. L’absence de l’une d’elles empêche le dentiste de délivrer l’ordonnance.
Que doit contenir la commande individuelle
Lorsqu’un dentiste adresse une ordonnance individuelle à une infirmière pour un traitement esthétique ou thérapeutique injectable, la prescription doit comprendre:
Le nom du dentiste, son numéro de permis et ses coordonnées, y compris son numéro de téléphone.
Les renseignements permettant d’identifier le patient.
La date de la commande et sa période de validité.
Le plan de traitement spécifique: les sites d’injection avec la cartographie spécifique, le produit à utiliser sur chaque site et la quantité ou la dose sur chaque site.
Le nom de l’infirmière (ou du groupe d’infirmières) autorisée à exécuter l’ordre, et toutes les conditions professionnelles pertinentes que l’infirmière doit remplir.
Le protocole de gestion des complications, incluant les coordonnées du dentiste et un dispositif de gestion des événements indésirables, notamment la disponibilité immédiate d’hyaluronidase lors de l’administration du produit de comblement.
Contre-indications, conditions d’arrêt et circonstances dans lesquelles l’infirmière doit contacter immédiatement le dentiste.
Obligations de l’infirmière en matière d’évaluation préalable à la séance
Après réception de la prescription individuelle du dentiste, une infirmière autorisée doit procéder à une évaluation préalable avant chaque séance de traitement afin de confirmer l’absence de contre-indications aux soins prescrits ce jour-là. Si cette évaluation révèle un changement dans l’état du patient, l’infirmière doit interrompre le traitement et le patient doit être réorienté vers le dentiste prescripteur.
Pour les infirmières auxiliaires, la situation est plus contraignante: comme elles ne peuvent pas évaluer l’état de santé d’un patient de manière indépendante, le dentiste doit effectuer l’évaluation préalable avant chaque séance et consigner dans le dossier clinique que le patient peut recevoir les soins prescrits.

L’exigence de présence sur place: ce que signifie concrètement « sur place ».
L’exigence que le dentiste prescripteur soit présent lors de la séance de soins prodiguée par l’infirmière est l’un des aspects les plus importants du guide ODQ sur le plan opérationnel. Il faut l’examiner attentivement.
Le guide précise qu’avant de prescrire un soin, le dentiste doit être présent sur les lieux où le soin sera exécuté. Cela signifie que le dentiste doit être physiquement présent lorsque l’infirmière administre le traitement.
Ce n’est pas un modèle de supervision à distance. Un dentiste qui rédige une ordonnance puis quitte les lieux ne remplit pas l’exigence de présence sur place pendant la séance. Un dentiste joignable par téléphone pendant que l’infirmière effectue le traitement ne répond pas non plus à cette exigence. Un dentiste présent dans la salle de soins dentaires à l’étage supérieur pendant que l’infirmière effectue le traitement dans une salle d’esthétique gérée séparément doit évaluer s’il est réellement « au cabinet » au sens du présent guide.
La conséquence pratique est importante: un dentiste souhaitant mettre en œuvre un modèle d’injections par une infirmière à grande échelle dans plusieurs cliniques sans être présent sur place lors des séances ne peut le faire en toute conformité avec le cadre actuel de l’ODQ. La présence physique du dentiste sur place est obligatoire.
Cette exigence répond à un objectif clinique: les traitements injectables effectués sous endoscope dentaire, comme tous les traitements esthétiques injectables, comportent un risque de complications qu’il est préférable de prendre en charge par un praticien expérimenté capable d’évaluer la situation et d’intervenir immédiatement. Une complication survenant lors d’une séance d’injection de produit de comblement effectuée par une infirmière nécessite l’intervention du dentiste prescripteur, qui possède la formation nécessaire pour gérer cet événement indésirable.
Exigences relatives aux cabinets dentaires: Les locaux du cabinet doivent répondre aux normes dentaires.
La FAQ de l’ODQ de septembre 2025 a confirmé ce que le guide sous-entend: partout où des traitements à la toxine botulique A et aux produits de comblement sont administrés sur ordre d’un dentiste, le lieu doit respecter les mêmes normes qu’un cabinet dentaire en vertu de la réglementation applicable.
Le Règlement sur la tenue des cabinets et des dossiers et la cessation d’exercice des membres de l’Ordre des dentistes du Québec (D-3, r. 16) établit les normes qui doivent être respectées. Ceux-ci comprennent: des systèmes appropriés de gestion et de conservation des dossiers; une salle d’attente qui répond aux normes professionnelles; des pratiques adéquates d’asepsie et de contrôle des infections; des mesures pour protéger la confidentialité des patients; une trousse d’urgence fonctionnelle; et un défibrillateur.
Cela a des répercussions majeures sur le modèle économique. Un dentiste souhaitant offrir des injections dans un centre de soins esthétiques, un institut de beauté, un espace commercial partagé ou tout autre établissement ne répondant pas aux normes d’un cabinet dentaire ne peut le faire dans le cadre réglementaire actuel. L’endroit doit absolument satisfaire aux exigences d’un cabinet dentaire pour que des traitements puissent y être dispensés.
De plus, tous les endroits où un dentiste exerce, y compris ceux autres que son cabinet principal, doivent être déclarés auprès de l’Ordre des dentistes de l’Ontario (ODQ). L’ODQ tient à jour un registre public des lieux d’exercice déclarés de chaque dentiste. Les lieux non déclarés ne peuvent pas être utilisés pour l’exercice de la profession. L’ODQ peut inspecter les lieux déclarés à tout moment.
Cette obligation de déclaration a des implications administratives concrètes pour les dentistes qui souhaitent offrir des services d’injection dans des cliniques, des centres chirurgicaux ou des lieux extérieurs à leur cabinet. Avant de commencer à offrir des services dans un nouvel emplacement, assurez-vous que celui-ci a été déclaré à l’ODQ et que la déclaration est à jour.
Ce que le guide ODQ ne couvre pas: les traitements encore en cours d’analyse
Cette section aborde une source fréquente de confusion sur le marché: la portée de ce que le guide ODQ 2025 autorise et ce qui n’en fait pas partie.
Ce guide traite de la toxine botulique A et des produits de comblement (injections de comblement dermique). Il n’aborde pas les autres traitements esthétiques du visage, et l’ODQ a expressément indiqué qu’elle analysait actuellement la question des autres traitements.
En juillet 2026, les interventions suivantes n’ont pas été confirmées dans le cadre de la dentisterie selon les directives de l’ODQ: microneedling; injections de plasma riche en plaquettes (PRP); lifting par fils tenseurs (fils PDO ou similaires); traitements au laser; lumière pulsée intense (IPL); traitements faciaux par radiofréquence; et peelings chimiques.
Un dentiste qui offre ces traitements ou les présente dans le cadre de sa pratique de médecine esthétique pratique en dehors de tout cadre légal. Le fait que ces traitements soient offerts dans des cliniques esthétiques aux côtés de traitements injectables, et que certains organismes de formation les intègrent à leurs programmes, ne constitue pas une autorisation en l’absence d’autorisation de l’ODQ.
Les dentistes intéressés à offrir ces traitements devraient consulter le site odq.qc.ca pour prendre connaissance des futures directives de l’ODQ et confirmer directement auprès de l’ODQ le statut actuel avant d’offrir tout traitement non couvert par le guide de mars 2025.
Formation préalable: Si vos cours actuels ne répondent pas aux exigences du guide
Avant la publication du guide de l’ODQ, de nombreux dentistes se sont lancés dans l’esthétique injectable en suivant des formations disponibles sur le marché, mais non conformes au référentiel de l’ODQ, celui-ci n’existant pas à l’époque. Le guide visait à remédier à cette situation de transition.
Pour les dentistes qui utilisaient la toxine botulique A à des fins thérapeutiques (bruxisme et affections connexes) avant la publication du guide: l’ODQ a permis une période de transition pendant laquelle ces praticiens peuvent poursuivre leur pratique thérapeutique de la BoNT/A tout en complétant une formation conforme aux exigences de niveau 2 du guide. La période de transition était de 12 mois à compter de la publication, ce qui signifie qu’elle s’est terminée en mars 2026. Les dentistes qui faisaient partie de cette catégorie et n’ont pas encore complété une formation conforme doivent contacter directement l’ODQ pour confirmer leur statut actuel.
Pour les dentistes ayant suivi une formation en injections esthétiques de toxine botulique de type A (BoNT/A) ou de produits de comblement avant la publication du guide, mais dont la formation ne correspond pas aux exigences de contenu du guide: l’ODQ considère que ces dentistes ne peuvent offrir ces services esthétiques tant qu’ils n’auront pas suivi une formation conforme aux exigences du guide pour le niveau applicable. Une formation antérieure non conforme aux exigences de contenu du guide ne confère pas automatiquement au dentiste l’autorisation d’exercer prévue par celui-ci.
Il s’agit d’un risque particulier pour les dentistes ayant suivi des formations courtes de fin de semaine, des formations axées sur les produits dispensées par des représentants pharmaceutiques ou des programmes de formation internationaux ne couvrant pas l’intégralité du contenu requis par le guide. Les exigences relatives au contenu du guide sont détaillées et exhaustives. Une formation portant sur la technique d’injection mais n’abordant pas la gestion des complications, l’anatomie vasculaire et le cadre réglementaire ne répond pas aux exigences de niveau 1.
Pour déterminer si votre formation antérieure répond aux exigences du guide, comparez directement votre programme de cours aux exigences de contenu du guide pour chaque niveau. En cas de lacunes, il est nécessaire de les combler par une formation complémentaire avant de pratiquer à ce niveau.
Applications thérapeutiques: Le cœur du champ d’application dentaire
La plupart des discussions sur le marché de la médecine esthétique dentaire se concentrent sur l’aspect esthétique: toxine botulique A pour les rides, injections d’acide hyaluronique pour l’augmentation des lèvres. Les applications thérapeutiques méritent une attention égale, car elles constituent sans doute le point d’entrée le plus naturel et le plus justifié pour de nombreux dentistes.

Bruxisme et hypertrophie du masséter
Le bruxisme, le grincement et le serrement involontaires et habituels des dents touchent une grande partie de la population. Il provoque l’usure dentaire, des fractures dentaires, des modifications de l’occlusion et un inconfort important pour le patient. Sa prise en charge a longtemps relevé du domaine dentaire, notamment par le biais de gouttières occlusales, de thérapies cognitivo-comportementales et de physiothérapie.
L’injection de toxine botulique A dans les muscles masséter et temporal réduit l’activité musculaire, soulageant ainsi le bruxisme et les symptômes associés. L’injection dans le masséter diminue aussi le volume du muscle au fil des traitements, ce qui peut modifier le contour du visage. Cet effet thérapeutique et esthétique double est pleinement pris en charge en dentisterie de niveau 2.
Pour les dentistes qui prennent déjà en charge des patients atteints de bruxisme, la toxine botulique A représente un outil clinique supplémentaire à intégrer à leur arsenal thérapeutique. Il s’agit de patients qu’ils connaissent déjà, dont ils gèrent déjà les besoins en santé buccodentaire et dont ils traitent déjà les problèmes liés au bruxisme. Ce traitement injectable constitue une option clinique supplémentaire, et non un simple levier commercial.
Dysfonctionnement temporomandibulaire
Le dysfonctionnement temporo-mandibulaire (DTM) affecte les muscles masticateurs, l’articulation elle-même, ou les deux. Les douleurs myofasciales des muscles masséter, temporal et ptérygoïdien peuvent être invalidantes. La prise en charge conservatrice (kinésithérapie, gouttières occlusales, éducation thérapeutique) soulage de nombreux patients, mais pas tous.
Les injections de toxine botulique A pour les douleurs myofasciales et les dysfonctionnements temporo-mandibulaires relèvent du niveau 3 des indications thérapeutiques selon le guide ODQ. Pour les dentistes dont la clientèle présente des symptômes importants liés aux troubles temporo-mandibulaires, cela représente un élargissement significatif de leurs compétences thérapeutiques.
Hyperhidrose
L’hyperhidrose palmaire (transpiration excessive des mains) est parfois traitée par injection de toxine botulique A. Un dentiste ayant une formation de niveau 3 peut déterminer si cette affection relève du champ d’application thérapeutique de la catégorie « traitement de la douleur et des dysfonctions myofasciales » du guide. Dans ce domaine, une confirmation directe auprès de l’ODQ est essentielle avant d’offrir ce service.
Sourire gingival
Le sourire gingival (exposition excessive des gencives lors du sourire) est traité par injections de toxine botulique A dans les muscles releveurs de la lèvre supérieure. Cette affection présente un intérêt dentaire et esthétique important, et la technique de traitement repose en grande partie sur les connaissances anatomiques de la lèvre supérieure. Elle atteint le niveau 3 en esthétique, au niveau médiofacial.
Obligations déontologiques des dentistes en médecine esthétique
Le Code de déontologie des dentistes (D-3, r. 4) s’applique à tous les aspects de la pratique professionnelle du dentiste, y compris les services d’injection esthétique. Plusieurs dispositions sont particulièrement pertinentes.
Compétence: Un dentiste ne doit exercer que dans les limites de sa formation et de ses compétences actuelles. En esthétique injectable, cela signifie: traiter uniquement au niveau pour lequel ils ont suivi la formation requise du guide; refuser des procédures qu’ils ne se sentent pas compétents pour effectuer en toute sécurité; et ne pas traiter dans des régions anatomiques ou avec des produits non couverts par leur formation complétée.
Honnêteté et exactitude dans les déclarations professionnelles: Un dentiste ne doit pas faire de déclarations trompeuses concernant sa formation, ses qualifications ou l’étendue des services qu’il est autorisé à fournir. Cela s’applique directement à la question de l’agrément ODQ: un dentiste ne peut pas affirmer à ses patients être certifié ODQ, agréé ODQ ou certifié par un autre organisme si cette certification n’existe pas. Un dentiste ayant suivi une formation doit se décrire avec précision: « Formé à l’injection de toxine botulique A au niveau X du guide ODQ » est exact; « Injecteur certifié ODQ » ne l’est pas.
Indépendance professionnelle: Un dentiste doit préserver son indépendance des influences commerciales dans sa prise de décision clinique. Un dentiste qui traite des patients en fonction de la rentabilité plutôt que des indications cliniques, qui recommande des traitements inadaptés à l’état du patient ou qui participe à des accords commerciaux compromettant son jugement clinique manque à cette obligation d’indépendance.
Renseignements aux patients: Le dentiste doit fournir aux patients des renseignements précis sur leur état, le traitement proposé, les risques et les alternatives. Créer de faux espoirs quant aux résultats constitue une violation de la déontologie. Les photos avant/après ne doivent pas être présentées comme des garanties de résultats.
Maintien des compétences et des connaissances: Comme tous les professionnels de la santé, les dentistes sont tenus de maintenir leurs compétences et leurs connaissances à jour. En médecine esthétique, cela implique de suivre l’évolution du domaine, de mettre à jour sa formation au fur et à mesure de l’émergence de nouvelles données probantes ou de nouvelles techniques, et de participer à des activités de formation continue pertinentes.
L’indépendance professionnelle et la question de la commission
L’interdiction des ententes de commission qui compromettent l’indépendance professionnelle s’applique aussi bien aux dentistes qu’aux médecins. Un dentiste ne peut pas percevoir de commissions, de ristournes ou d’avantages matériels liés à l’orientation de patients vers des produits, des fournisseurs ou des services spécifiques.
En médecine esthétique, certains accords commerciaux soulèvent des questions au regard de ce principe. Un dentiste qui reçoit gratuitement des produits pharmaceutiques en échange de l’achat d’une quantité minimale et de l’orientation de ses patients vers ces produits se trouve dans une situation potentiellement problématique. De même, un dentiste dont les revenus sont partagés avec un investisseur non dentaire selon une formule incitant au surtraitement est exposé à des risques similaires.
Le principe général est le suivant: les décisions cliniques d’un dentiste concernant le traitement à entreprendre et la manière de le réaliser doivent reposer sur les besoins cliniques du patient, et non sur des accords financiers favorisant un volume d’activité plus important. Lors de l’évaluation de tout accord commercial portant sur les revenus liés à la médecine esthétique, le dentiste doit se demander si cette entente pourrait influencer ses décisions cliniques en privilégiant les revenus au détriment du bien-être du patient.
Publicité: Ce que les dentistes en médecine esthétique peuvent et ne peuvent pas affirmer
Les dispositions du Code de déontologie relatives à la publicité s’appliquent à toutes les communications des dentistes concernant leurs services, y compris les services esthétiques injectables et le contenu des médias sociaux.
Allégations et approches interdites:
Un dentiste ne peut prétendre à une certification ODQ, à une approbation ODQ ou à une certification de l’ODQ pour sa formation esthétique, car de telles certifications n’existent pas.
Un dentiste ne peut pas utiliser un langage comparatif ou superlatif qui diminue les services d’un autre praticien (« l’injecteur le plus expérimenté à Montréal », « les meilleurs résultats au Québec »).
Un dentiste ne peut garantir aucun résultat ni présenter de photos avant-après comme des résultats typiques ou comme des promesses de ce que les patients obtiendront.
Un dentiste ne peut pas faire la publicité de traitements qui ne relèvent pas de son champ d’exercice autorisé (par exemple, faire la publicité du microneedling ou du PRP lorsque l’ODQ n’a pas confirmé que ces traitements relèvent du champ d’exercice dentaire).
Un dentiste ne peut pas utiliser les témoignages d’une manière qui crée des attentes irréalistes ou qui constitue une sollicitation insistante.
Approches autorisées et appropriées:
Un dentiste peut décrire avec précision la formation qu’il a suivie et les traitements qu’il est autorisé à prodiguer à son niveau actuel.
Un dentiste peut utiliser des photos avant-après avec le consentement approprié et des avis juridiques indiquant clairement que les photos représentent des résultats individuels.
Un dentiste peut décrire les avantages cliniques des traitements disponibles en termes factuels et scientifiquement exacts.
Un dentiste peut décrire le fondement thérapeutique des traitements relevant de son champ d’expertise, notamment pour le bruxisme, les troubles temporo-mandibulaires et les affections connexes.
Lors de la création de contenu publicitaire, notamment pour les médias sociaux, les cliniques dentaires offrant des services injectables doivent mettre en place un processus de vérification de conformité qui évalue chaque contenu au regard des normes du Code de déontologie avant sa publication. Le dentiste demeure personnellement responsable de toute publicité relative à ses services, que le contenu ait été produit par un employé, une agence de marketing ou une société de gestion de clinique.
Obligations en matière de confidentialité et de tenue de registres
La réglementation relative aux dossiers cliniques dentaires s’applique aux traitements esthétiques injectables, au même titre qu’à tous les autres services dentaires. Les dossiers des patients en médecine esthétique doivent être tenus conformément à la réglementation en vigueur, tout comme les dossiers dentaires en général.
Au Québec, la Loi 25 (Loi sur la modernisation de la protection des renseignements personnels) met progressivement en œuvre des exigences depuis septembre 2022. Les cliniques dentaires offrant des services d’injection esthétique sont assujetties à ses dispositions concernant: la collecte et le traitement des renseignements personnels et de santé des patients; l’obligation de nommer un responsable de la protection des renseignements personnels chargé d’assurer la conformité de la clinique; les obligations relatives aux incidents de protection des renseignements personnels (violations), y compris la notification aux patients et à la Commission d’accès à l’information lorsque certains seuils sont atteints; et les exigences relatives aux transferts transfrontaliers de données en cas d’utilisation de logiciels ou de services infonuagiques hébergés à l’extérieur du Québec.
La photographie en médecine esthétique soulève des questions spécifiques de confidentialité. Les photographies avant-après sont une pratique courante et précieuse pour la documentation clinique et l’évaluation des résultats des traitements. Toutefois, elles constituent des renseignements personnels de santé sensibles et nécessitent un consentement écrit explicite précisant chaque utilisation. Le consentement à la prise de photographies pour les dossiers cliniques n’autorise pas leur utilisation à des fins publicitaires, sur les médias sociaux, pour la formation du personnel ou à toute autre fin non clinique. Chaque utilisation distincte nécessite un consentement spécifique.
Si une clinique dentaire utilise des photos de patients à des fins de marketing ou sur les médias sociaux sans avoir obtenu leur consentement écrit explicite, elle manque à ses obligations en matière de protection de la vie privée. Il s’agit d’une lacune fréquente en matière de conformité.

Opportunités de marché: ce que la pratique des injections esthétiques offre réellement aux dentistes
Le cadre réglementaire décrit dans cet article illustre ce que signifie la conformité, et non un obstacle à l’exercice de la profession. Ce cadre offre des perspectives réelles et croissantes aux dentistes qui s’engagent dans cette voie de manière appropriée.
Revenus thérapeutiques et rétention des patients
Pour les dentistes qui souhaitent se concentrer sur leur pratique dentaire tout en offrant des traitements injectables, l’opportunité immédiate réside dans la toxine botulique A thérapeutique pour leur clientèle actuelle. Chaque cabinet dentaire compte des patients qui grincent des dents, portent des gouttières occlusales, se plaignent de douleurs à la mâchoire et de maux de tête au réveil, et sont frustrés par l’efficacité partielle des traitements conventionnels.
L’injection de toxine botulique A dans les muscles masséter et temporal offre à ces patients une option clinique qu’ils ne trouvent pas actuellement chez leur dentiste et qu’ils pourraient rechercher auprès de neurologues, de dermatologues ou de cliniques médico-esthétiques, sans savoir que leur dentiste est en mesure de la pratiquer. La prise en charge de ces patients les fidélise au cabinet dentaire pour ce besoin, renforce la relation thérapeutique et génère des revenus supplémentaires grâce aux services que le dentiste est particulièrement bien placé pour fournir, compte tenu de sa connaissance approfondie du patient et de l’anatomie concernée.
L’aspect thérapeutique contribue aussi au bien-être du patient au-delà de l’injection immédiate. Un patient dont le bruxisme est contrôlé par la toxine botulique A peut présenter une usure dentaire moindre, moins de fractures dentaires et une meilleure stabilité occlusale au fil du temps, ce qui a un impact direct sur sa santé bucco-dentaire à long terme et sur la pérennité des restaurations existantes.
Extension de la pratique esthétique
Pour les dentistes souhaitant intégrer davantage les soins esthétiques à leur pratique, les applications esthétiques des niveaux 2 à 4 offrent un champ d’action plus vaste. Les injections de toxine botulique A dans la partie supérieure du visage, la partie médiane et inférieure du visage, et enfin les produits de comblement dermique, donnent accès à une large gamme de services injectables esthétiques très demandés.
Le marché des injections esthétiques au Québec n’est pas uniformément desservi. La concentration de praticiens qualifiés dans le Grand Montréal et les communautés environnantes ne reflète pas la situation dans les villes régionales, les petites localités et les zones semi-urbaines. Un dentiste exerçant dans une ville régionale du Québec, même après une formation adéquate et offrant des services d’injection esthétique, pourrait se retrouver face à une faible concurrence et une forte demande.
Le modèle en cascade s’applique également: un dentiste formé qui donne des ordres individuels aux infirmières injectrices peut prendre en charge plus de patients qu’il ne le pourrait seul, tout en maintenant la supervision clinique requise par le guide ODQ.
L’avantage de l’intégration
Les dentistes ont une structure de pratique que la plupart des fournisseurs de médecine esthétique n’ont pas: une base de patients établie avec une relation de soins de santé, un lieu de pratique physique qui répond aux normes des établissements de santé, des systèmes de dossiers cliniques existants, un personnel formé aux soins des patients et une réputation professionnelle bâtie au fil des années de pratique dentaire.
L’ajout de services esthétiques injectables à un cabinet dentaire s’inscrit dans une démarche d’intégration, et non dans la création d’une nouvelle activité. Les patients connaissent déjà leur dentiste, ont confiance dans la relation de soins et sont plus enclins à envisager des services injectables esthétiques ou thérapeutiques auprès d’un praticien qu’ils connaissent plutôt qu’auprès d’une nouvelle clinique qu’ils devraient choisir et évaluer.
Le traitement du sourire gingival, la prise en charge du bruxisme et le rajeunissement périoral que les dentistes peuvent offrir à différents niveaux de formation sont également des services profondément liés à l’identité et à l’image de soi des patients en matière de santé bucco-dentaire, des domaines où la relation dentiste-patient s’engage naturellement.
Cadre inter-ordres 2026: ce que les dentistes doivent surveiller
L’initiative conjointe de novembre 2025 annoncée par le CMQ, l’ODQ, l’OIIQ et l’OIIAQ visant à élaborer des paramètres communs pour la pratique de la médecine esthétique aura potentiellement une incidence sur les dentistes exerçant dans ce domaine lorsqu’elle sera publiée.
Pour les dentistes, ce cadre pourrait clarifier: les conditions de présence sur place lors des séances administrées par une infirmière; les protocoles de collaboration entre les dentistes prescripteurs et les infirmières exécutantes; les normes de documentation pour les traitements esthétiques interprofessionnels; et potentiellement la portée des traitements supplémentaires que l’ODQ pourrait autoriser à l’avenir.
Ce que ce cadre a très peu de chances de faire: autoriser la pratique dentaire au-delà du champ d’application défini par l’ODQ; réduire les exigences de formation pour les quatre niveaux; éliminer l’exigence de présence sur place; ou réduire l’une quelconque des obligations cliniques énoncées dans le guide de 2025.
Les dentistes devraient consulter régulièrement odq.qc.ca pour prendre connaissance de la publication par l’ODQ de sa contribution au cadre de référence, ainsi que de toute mise à jour du guide qui pourrait l’accompagner.
L’ODQ n’a pas encore répondu à la question à savoir si les dentistes peuvent pratiquer le microneedling, le PRP et d’autres traitements esthétiques non injectables. Cette réponse, le cas échéant, pourrait être publiée séparément ou intégrée à une mise à jour du guide existant.

Examinez le parcours de formation à la toxine botulique A de l’Académie AMEQ pour les dentistes du Québec, comprenant la théorie en ligne de l’étape 1 et la formation pratique supervisée de l’étape 2.
Critères de sélection d’une formation en injections dentaires
Les programmes de formation ne se valent pas tous et leur qualité, leur profondeur et leur valeur clinique varient considérablement. Le guide ODQ définit des exigences de contenu qui servent de cadre à l’évaluation des programmes, mais il décrit un contenu minimal et non un cursus idéal.
Un programme de formation de qualité en injections dentaires destiné aux dentistes devrait offrir:
Un enseignement de l’anatomie faciale qui va au-delà de ce qui a été couvert par l’école dentaire, abordant spécifiquement les muscles, les nerfs et l’anatomie vasculaire de toutes les zones de traitement pertinentes pour la pratique de la BoNT/A et des produits de comblement, y compris les zones à risque spécifiques (les vaisseaux supratrochléaires et supra-orbitaires, l’artère angulaire, l’artère faciale et ses branches, les artères labiales et les zones à risque d’occlusion vasculaire dans chaque région).
Tout au long du parcours de formation complet en quatre niveaux, l’enseignement de la pharmacologie doit aborder le mécanisme d’action, le délai d’action, la durée d’effet, les caractéristiques de diffusion et les relations dose-réponse des produits à base de toxine botulique A disponibles. La formation relative aux produits de comblement cutané doit couvrir la pharmacologie de base et avancée, la rhéologie, le comportement tissulaire, la sélection des produits, les risques vasculaires et la gestion des complications avant l’utilisation clinique de niveau 4. L’ODQ n’exige pas de formation théorique sur les produits de comblement au niveau 1. L’approche pédagogique de l’AMEQ consiste à introduire la théorie des produits de comblement, tant de base qu’avancée, y compris la gestion des complications, dans le cadre du programme en ligne de l’étape 1. Ainsi, les participants peuvent revenir sur les notions abordées, revoir les concepts de risque et évaluer leur compréhension tout au long des cours magistraux et des travaux pratiques des niveaux 3 et 4.
Méthodologie d’évaluation et de sélection des patients que le dentiste peut appliquer en pratique clinique: comment évaluer un patient en vue d’un traitement injectable esthétique ou thérapeutique, comment identifier les contre-indications, comment évaluer les attentes réalistes en matière de résultats et comment reconnaître quand un patient n’est pas un candidat approprié.
La pratique supervisée sur modèle vivant, avec rétroaction directe de l’instructeur, couvre les techniques d’injection spécifiques à chaque zone de traitement et au niveau de formation correspondant. Un programme qui n’inclut pas d’injections supervisées sur modèle vivant ne constitue pas une préparation adéquate à la pratique clinique.
La reconnaissance et la gestion des complications doivent être suffisamment approfondies sur le plan clinique pour qu’un dentiste confronté à une complication puisse la reconnaître, en évaluer la gravité, initier une prise en charge appropriée et savoir quand et comment intensifier les soins. Pour le niveau 4 (produits de comblement), cela doit notamment inclure la reconnaissance des signes d’occlusion vasculaire et l’administration d’urgence d’hyaluronidase.
Le contexte réglementaire québécois, et plus particulièrement les exigences du guide de l’ODQ, l’obligation de présence sur place, les exigences relatives à l’emplacement du cabinet dentaire et les conditions de chaque commande, sont propres au Québec. Les programmes de formation offerts dans d’autres provinces ou pays pourraient ne pas répondre à ces exigences propres au Québec.
L’AMEQ Académie offre une formation en injections dentaires aux dentistes de Montréal et de Saint-Sauveur, au Québec. Dirigée par la Dre. Angelina Guzzo, BSc, PhD, MDCM, FRCPC, spécialiste en anesthésie et formatrice en médecine esthétique depuis 2014, cette formation propose des programmes conçus selon les exigences du guide de l’ODQ. Ces programmes comprennent des modules complets d’anatomie, des travaux pratiques supervisés sur modèles vivants et une présentation du cadre réglementaire québécois. L’Académie AMEQ inclut également, dès l’étape 1, des modules sur les principes de base et avancés des produits de comblement dermique, les principes de l’acide hyaluronique et la gestion des complications liées aux injections, afin de préparer au mieux les niveaux 3 et 4. Ce contenu supplémentaire relève du choix pédagogique de l’Académie AMEQ et ne constitue pas une exigence du niveau 1 de l’ODQ.
La réussite des programmes de formation dentaire de AMEQ Académie ne constitue pas une certification ou une approbation de l’ODQ, car une telle certification n’existe pas. Il incombe aux dentistes de vérifier par eux-mêmes que le contenu du cours correspond aux exigences du guide de l’ODQ pour le niveau visé. Pour obtenir des renseignements sur les détails et le contenu du programme, veuillez communiquer avec education@cliniqueag.ca ou composer le (514) 574-4636.
Liste de vérification pratique: Avant de traiter votre premier patient recevant une injection esthétique ou thérapeutique
Pour un dentiste qui s’apprête à offrir des services esthétiques ou thérapeutiques injectables, les points suivants doivent être vérifiés avant de commencer:
Vous avez suivi la formation de niveau 1, qui couvre les notions fondamentales requises par l’ODQ en matière d’anatomie, d’examen clinique, de toxine botulique A, de gestion des risques, de photographie calibrée et de suivi. Vous comprenez que la théorie des produits de remplissage ne fait pas partie des prérequis du niveau 1 de l’ODQ. Si un praticien aborde les notions de base et avancées relatives aux produits de comblement, les principes de l’acide hyaluronique et la gestion des complications liées aux produits de comblement dès l’étape 1, ce contenu constitue une préparation complémentaire aux formations de niveaux 3 et 4.
Vous avez terminé la formation de niveau 2 et vous commencez à pratiquer seulement à ce niveau. Vous n’offrirez pas de traitements de niveau 3 ou 4 tant que vous n’aurez pas accumulé les 20 patients requis au niveau 2 et terminé la formation de niveau 3.
Vous avez déclaré à l’ODQ tous les lieux d’exercice où vous offrirez ces services, et tous ces endroits répondent aux exigences des cabinets dentaires, notamment la disponibilité d’une trousse d’urgence et d’un défibrillateur.
Vous avez confirmé auprès de votre assureur en responsabilité civile professionnelle que votre police actuelle couvre les traitements injectables esthétiques et thérapeutiques, et que toute structure de pratique que vous utilisez (pratique individuelle, partenariat, société) est correctement couverte.
Vous disposez d’un système permettant de réaliser et de documenter les examens cliniques en personne, les diagnostics et les plans de traitement, avec cartographie des injections et des doses, pour chaque consultation.
Vous disposez d’une procédure de consentement éclairé écrite qui couvre tous les éléments requis pour les traitements injectables esthétiques et thérapeutiques.
Vous avez accès à l’hyaluronidase dans tous les endroits où des injections de produits de comblement seront effectuées (niveau 4 seulement), et vous avez confirmé qu’elle est stockée de manière appropriée et n’est pas périmée.
Vous disposez de protocoles d’urgence en cas d’anaphylaxie et d’occlusion vasculaire.
Si vous donnez des ordres à des infirmières: vous avez confirmé que les six conditions sont remplies (examen/diagnostic/plan de traitement/consentement effectué; l’infirmière est en règle; l’infirmière a suivi la formation requise; les procédures ne dépassent pas le niveau de formation de l’infirmière; les procédures ne dépassent pas votre propre niveau; vous serez sur place).
Vous avez révisé l’intégralité du guide de l’ODQ, y compris les modifications de juin 2025 et la FAQ de septembre 2025.
FAQ
Les dentistes du Québec peuvent-ils offrir des traitements à la toxine botulique A?
Oui, dans les régions anatomiques et les niveaux cliniques correspondant au parcours de formation ODQ complété par le dentiste, à ses compétences professionnelles, à son évaluation personnalisée du patient, à son plan de traitement, à son consentement, à sa documentation et à ses obligations liées à son lieu d’exercice. La réussite d’une formation privée ne constitue pas une approbation ODQ et n’exonère pas le dentiste de sa responsabilité de vérifier l’état actuel des exigences.
La théorie des produits de comblement cutané est-elle requise pour le niveau 1 de l’ODQ?
Non. L’article approuvé explique que la formation ODQ de niveau 1 porte sur les bases théoriques de l’anatomie, l’examen clinique, la toxine botulique A, la sécurité, la documentation, la photographie et le suivi. La formation AMEQ inclut, dès l’étape 1, les notions de base et avancées relatives aux produits de comblement et à la gestion des complications, en complément des formations de niveaux 3 et 4.
Quand un dentiste québécois peut-il utiliser des agents de comblement cutané?
L’article approuvé classe l’utilisation clinique des produits de comblement dermique au niveau 4, après que le dentiste a suivi la formation progressive requise et acquis l’expérience clinique nécessaire. Le traitement doit rester dans les limites des domaines permis, des compétences du dentiste, des recommandations actuelles de l’ODQ et du plan de traitement et d’évaluation individualisé du patient.
Un dentiste peut-il donner un ordre à une infirmière pour des injections esthétiques?
Un dentiste ayant suivi la formation requise peut émettre une ordonnance individuelle à un professionnel autorisé seulement lorsque toutes les conditions de qualification du dentiste sont remplies. Ces conditions comprennent l’examen, le diagnostic, le plan de traitement et les doses prescrits par le dentiste, la vérification de l’autorisation et de la compétence de l’infirmier(ère) et la présence du dentiste sur place.
L’ODQ approuve-t-elle ou certifie-t-elle les organismes de formation?
L’article approuvé précise que l’ODQ définit les exigences en matière de contenu de formation, mais ne certifie ni n’approuve au préalable les fournisseurs privés. Les dentistes doivent comparer le programme de formation avec le guide actuel de l’ODQ et confirmer les exigences directement auprès de l’ODQ, de leur assureur et, le cas échéant, d’un conseiller juridique qualifié.
Le guide ODQ 2025 couvre-t-il le microneedling, le PRP, les lasers ou les liftings par fils tenseurs?
L’article approuvé indique que le guide de 2025 traite de la toxine botulique A et des produits de comblement. Lors de la révision de l’article en juillet 2026, les procédures non injectables ou complémentaires mentionnées n’avaient pas encore été intégrées au guide. Les dentistes doivent obtenir une confirmation de l’ODQ (Organisation dentaire de la dentisterie) avant d’offrir un traitement non couvert par le guide.
Sources officielles de l’ODQ
- ODQ: Utilisation des toxines botuliques de type A (BoNT/A) et des agents de comblement à des fins esthétiques
- ODQ: Modifications suggérées au guide, 26 juin 2025
- ODQ: Questions et réponses sur la toxine botulique et les produits de comblement, 29 septembre 2025
- ODQ: Normes et guides de pratique professionnelle
- ODQ: Quatre ordres professionnels collaborent pour des soins médico-esthétiques plus sécuritaires, le 28 novembre 2025
Avis sur la responsabilité professionnelle
Cet article fournit des renseignements pédagogiques sur le cadre réglementaire applicable aux dentistes en médecine esthétique au Québec. Il ne constitue pas un avis juridique, une interprétation officielle de l’ODQ ni une autorisation de pratiquer une quelconque intervention.
L’information reflète des sources officielles examinées en date de juillet 2026, dont le Guide de l’ODQ sur l’utilisation des toxines botuliques de type A (BoNT/A) et des agents de comblement (27 mars 2025), les Modifications au guide (26 juin 2025), la FAQ de l’ODQ (29 septembre 2025) et le communiqué CMQ-ODQ-OIIAQ-OIIQ (28 novembre 2025).
La réglementation et les directives professionnelles sont susceptibles d’évoluer. L’analyse de l’ODQ concernant le microneedling, le PRP et les autres traitements esthétiques faciaux non injectables était en cours en juillet 2026. Le cadre inter-ordres en quatre volets, annoncé en novembre 2025, devait être publié au courant de 2026. Les dentistes doivent se renseigner directement auprès de l’ODQ et de leur assureur en responsabilité professionnelle afin de connaître les exigences en vigueur avant de proposer ou d’étendre ces services.
Préparé par AMEQ Académie. Révisé et approuvé par Dre. Angelina Guzzo, BSc, PhD, MDCM, FRCPC, spécialiste en anesthésie et éducatrice en médecine esthétique depuis 2014. Publié le 13 juillet 2026. Mis à jour le 17 juillet 2026.


